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vendredi 11 mars 2011

Le tigre et l'intelligence ou Quand les parents acceptent les idées de leur enfant

Il était une fois, il n'était pas
il y avait, il n'y avait pas
Quand j'y pense,
quand j'y pense
quand j'y pense
aujourd'hui,
guerre en direct, tsunami en hélicoptère, Japon dans la souffrance
quand j'y pense,
quand j'y pense mon coeur s'allonge
comme une éponge
que l'on glisse dans un gouffre
où l'on souffre tant de tourments
que quand j'y pense
je préfère vous raconter ce qui, il y a fort longtemps, s'est déroulé dans un pré vietnamien.

Ce jour-là, il y avait, un chemin de terre, quelques rizières et bientôt un pré. Du vert tout partout, une forêt tout au bout, et au beau milieu du vert tout partout, un arbre, un buffle et un enfant. L'enfant est vêtu d'une  chemise blanche légère et d'un short bleu. Il s'appuie du dos sur le tronc d'arbre. Il s'essaie à jouer du Dan Moi. Un instrument de musique


 tout pareillement identique au mien. En France on appelle cet instrument une guimbarde. 
Et rien à voir avec une vieille voiture dont on ferait vibrer les pare chocs devant nos dents. 

Le buffle se nourrit. Voyez comme il arrache l'herbe du pré, tendez-l'oreille. Wouash wouash wouash tschittt  t tschi tt tschitt l'herbe gémit. Le buffle se régale. 

L'enfant n'a pas peur. Pourtant c'est imposant un buffle. Un buffle ça fait peur. Quiconque craindrait un buffle. L'enfant n'a pas peur. Parce qu'il a eu l'idée. Avant l'idée, l'enfant ne menait pas le buffle au champ. Avant l'idée, ce n'était pas facile de mener le buffle au champ. Avant l'idée, on attachait la corde à l'une des cornes du buffle et on le menait au pré. Avec difficulté. Car ainsi mené à l'une des cornes, le buffle avançait comme il voulait. A droite, à gauche et celui qui le menait s'épuisait à la tâche pour le ramener dans le droit chemin. 

Un jour, l'enfant voulut mener le buffle au pré. Ses parents lui répondirent qu'il était trop petit, qu'il lui fallait encore grandir, bref ce n'était pas encore demain la veille qu'il mènerait le buffle au pré !
L'enfant avait pensé
"Comment ça je ne ménerai pas le buffle au pré ? 
Comment ça il me faut grandir ?" 
A force de penser il avait fini par trouver une idée. Il l'a confiée à ses parents. Qui l'ont trouvée très intéressante et même mieux : ils l'ont trouvée "intelligente". Ils étaient très fiers de leur fils. En glignant de l'oeil de l'un à l'autre sourire aux lèvres ils avaient pensé
"Il en a dans la cabosse notre fiston, on va l'essayer son idée !" 
Ils l'avaient si bien essayée l'idée qu'ils n'avaient plus jamais mené le buffle au champ. C'est leur enfant qui dès lors le firent. C'était si simple. Pourquoi n'y avaient-ils pas pensé plus tôt. Mais bien sûr qu'il fallait mettre un anneau dans les narines du buffle. Mais bien sûr qu'il fallait nouer une corde dans l'anneau du nez du buffle. Mais bien sûr qu'il suffisait de tirer sur la corde. Quant au buffle, lui-même semblait se plaire à porter ce bijou. Il ne rechignait plus du tout à se faire mener par le bout du nez, même par un enfant.
 

Un jour, l'enfant mena le buffle au pré. Comme les autres jours. Mais ce jour-là, dans la forêt, un tigre énorme autant que somptueux cherchait sa nourriture. Soudain il sortit de la forêt, tout doré comme était tout tigre en ce temps là, sans une seule de ces rayures que nous lui connaissons aujourd'hui. Un tigre de toute beauté.


Et que vit-il ?
Un buffle, surveillé, par un enfant ! Par un enfant ! On n'avait jamais vu ça. Un buffle surveillé par un enfant, c'était hilarant. Tigre ne retint pas son rire. Buffle tourna la tête.
"C'est toi qui rit Tigre, pourquoi ris-tu ?"  Tigre s'approcha et répondit 
"Qui veux-tu que ce soit, et comment ne pas rire quand je te vois obéir à un enfant ? Les buffles ne seraient donc plus les animaux féroces d'antan ! "
"Chut" dit le Buffle "Parle plus doucement, mon ami ; apprends plutôt à jouer du Dan Moi. Inutile de le déranger"
Le tigre répond "Mais je rêve, que dis-tu Buffle, répète un peu ? Tu pourrais en profiter pour t'évader pendant qu'il joue sans te regarder !"
Le Buffle répond
"oh la la m'évader, tu n'y penses pas, cet enfant a une arme redoutable. Il me rattraperait."
"Ah ah ah ah hi hi hi, le tigre se fend de rire,  je voudrais bien savoir quel arme redoutable peut avoir cet enfant aux bras et aux jambes aussi frêles, ah ah ah !" 
"Approche Tigre, tu vas le savoir" Et le buffle murmure deux mots à l'oreille du somptueux animal. Qui répète abasourdi :
"Son intelligence ? Kézako l'intelligence ? Tu as vu son inteligence Buffle ? Mais moi je ne veux pas la voir, je veux qu'il me la prête. Tois qui le connaît, qui le fréquente, dis-lui que je veux qu'il me prête son intelligence !"
"Et bien demande-la lui toi-même, si tu n'as pas peur , moi je préfère manger!" 
et wouash wouash wouash et  tschittt t tschi tt tschitt l'herbe gémit sous les dents du buffle qui se régale.  On dirait qu'il sourit.

Assis sur le tronc de l'arbre, en plein milieu du champ tout ver,t l'enfant s'essaie à son Dan Moi.  Soudain un bruit lui fait lever les yeux. Appuyé qu'il est sur le tronc, il ne peut plus reculer, ce n'est pourtant pas l'envie qui lui manque de le faire, à la vue du grand fauve qui s'est approché de lui.

"Bonjour Enfant" dit le Tigre, Buffle m'a dit que tu possédais une arme redoutable. Montre-la moi"
L'enfant s'étonne sans faire un mouvement 
"Ah bon, Buffle t'as dit ça ? Et il t'a dit de quelle arme il s'agissait, parce que tu sais nous les hommes nous avons plusieurs armes ?"
"Il a parlé de ton intelligence. Je veux la voir. Montre-la moi ?"
"C'est impossible !"
"Pourquoi donc ?"
"Parce que mon intelligence est chez moi, je ne prends pas toujours cette arme avec moi. Quoique"  En disant ces mots l'Enfant jette un oeil rapide à son Buffle qui déguste son repas"
Le Tigre se rapproche. Il est si proche que son haleine réchauffe le visage de l'enfant. 

"Ok, d'accord" dit l'Enfant cherchant une issue,  "je vais aller la  chercher mon intelligence, mais avant il faut que tu me laisses faire quelque chose"
"Quoi ?"
"Il faut que tu me laisses t'attacher à mon arbre" et l'enfant se détache du tronc de l'arbre sur lequel il s'appuyait.
"Pourquoi ça ?"
"Parce que je te connais, je n'aurai pas fait un pas pour aller chez moi que tu sauterais déjà sur mon Buffle pour le dévorer !"
"Mais non mais non"
Tigre serait prêt à dire n'importe quoi tant il veut voir l'arme du jeune enfant. Celui-ci se montre prudent.
"Je ne te crois pas. Allez, laisse-toi faire, laisse-moi t'attacher" Et il insiste 
"Tu la veux mon arme ou tu ne la veux pas ?"
Tigre voulait l'arme. Tigre s'est appuyé sur l'arbre et l'enfant a fait plusieurs fois le tour de l'arbre avec la corde de Buffle. Pour finir il a fait un, deux, trois, plusieurs noeuds et enfin il a questionné Tigre. 
"Alors tu veux toujours la voir mon arme ?"
"Oui, plus que jamais !" répond le fauve
"OK, je te la montre, regarde bien !"
L'enfant se pencha et ramassa un long et gros bout de bois. Et tout aussitôt il l'abattit sur le dos du Tigre. Qui se mit à produire un rugissement si terrifiant que toute la forêt en était secouée par l'envol des oiseaux qui s'y tenaient à l'abri.  
"Aïe, ça va pas,  petit, qu'est-ce que tu fais, tu me fais mal !"
"Tu voulais voir mon intelligence, tu la vois ? Et même, tu la sens passer. Et oui, mon intelligence, c'est mon arme à moi. Parce que je suis un humain, un futur homme. Les hommes ont pour arme leur intelligence, ami Tigre, sache-le !"  L'enfant bat très fort le Tigre avec son gourdin.
"Arrête, j'en ai assez, j'ai compris ! arrête ! Arrête ça sent le brûlé, arrête je brûle, pourquoi je brûle ? "
A force d'essayer d'échapper au bâton, au gourdin, la corde entame, échauffe le poil de Tigre qui se débat toujours. Voilà pourquoi ça sent le brûlé. Buffle se tord de rire. 
"Arrête de rire Buffle" dit Tigre "sinon je te dévore !"
-Entre nous ce serait bien la première fois.
Tigre et Buffle ne font pas bon ménage,
au détriment du Tigre, je crois-
"Faudrait peut-être, Tigre, que tu m'attrapes avant !"
Ah ah ah ah ah  Buffle rit rit rit et sa tête monte descend monte descend monte et il se tape le ventre de rire. Il hurle de rire .
Soudain il ne rit plus. Car il vient de heurter le sol avec ses mâchoires. Ding ding ding ding ding dong toutes ses dents tombent au sol. Buffle a le sourire tout penaud. Il tourne une tête dépitée vers l'enfant.
"Je regarderai après" dit l'enfant "Partons maintenant sinon je ne donne pas chair de nos peaux si Tigre nous rattrapait.

C'est ainsi que ce jour-là l'Enfant et le Buffle quittèrent le pré. Ils rejoignirent le village. 
L'Enfant, fort content d'avoir été plus fort que Tigre.
Buffle, râlant, mécontent d'avoir désormais une mâchoire inférieure sans dent.
"Tu n'avais qu'à pas te moquer de lui" a dit l'enfant.
Dans le pré, la corde a fini par se rompre, libérant Tigre qui n'avait plus qu'une seule idée : se venger.   Il regarda les fuyards avec l'intention de les poursuivre quand il se rappela l'arme infaillible de l'Enfant. Comment s'appelait-elle déjà ? Ah oui, l'intelligence. Sans plus demander son reste Tigre disparut dans la forêt, sans tambour ni trompette.
Tout de même mécontent que son beau pelage jaune soit décoré à jamais d'horribles rayures noires.
D'horribles rayures noires ? Pas si sûr.
Une p'tite souris était là.
Elle a traversé le pré en disant
 Chicoti chicota c'est fini, c'est fini, et quand j'y pense, aujourd'hui, moi je l'écris. 
OUI, LE CONTE EST FINI.

http://gobangalorebymatt.blogspot.com/ pour découvrir d'autres photos de Matthieu,
je ne suis jamais allée dans ce pays.

jeudi 10 mars 2011

Administration Serveur vocal : mieux vaut y aller à pied. J'adore.

L'action n'est pas urgente. Elle est nécessaire. Depuis 1994. L'enfant est devenu adulte. L'erreur commise sur son acte de naissance est à rectifier.
Il se rend à la mairie. On le renvoit au Tribunal.
"Aucune rectification ne peut être faite sans une action du TGI -Tribunal de Grande Instance- Ecrivez-leur"
Il écrit. Le jour même. La réponse se fait attendre.
L'adulte est patient. .
Deux mois plus tard, limite atteinte.  Tribunal. Téléphone.
"Je vous passe le service !"
Mais du standart au bureau tilt tilt tilt tilt ou plutôt, si peu pas tilt que Téléphone. Tribunal. 
"Le bureau que vous m'avez passé ne décroche pas !"
"C'est évident, la collègue est en communication. Appelez plutôt le XY ZZ LL WW 44 "*
Connexion. Vérification. Réponse.
"Nous avons adressé un courrier à la mairie Monsieur. Il autorise le service Etat Civil à faire la rectification  Joignez-le pour savoir i la rectification a été faite. Le certificat devrait av oir été rectifié"
Stupéfaction.
"Mais si je n'avais pas appelé aujourd'hui comment l'aurais-je su ?" 
"Pas par nous Monsieur. Ni par la Mairie. Par vous-même. C'est vous qui deviez chercher. Et vous l'avez fait. Vous avez bien fait. Rires. Au revoir Monsieur !"
Bon ben vaut mieux en rire.
Monsieur est en RTT : Il prend le temps. Téléphone. Standart Mairie. **
"Je vous passe le service, faites le 2 sur votre répondeur"
Déstabilisation "Le 2, sur mon répondeur ?" Il fait le 2. -a-t-il bien entendu, le standardiste a l'air si pressé de s'en aller- Au bout de trois secondes "estomaquation"
"Votre appel n'a pas été transféré, vous allez être transféré, ne quittez pas,
Votre appel n'a pas été transféré, vous allez être transféré, ne quittez pas,
Votre appel n'a pas été transféré, vous allez être transféré, ne quittez pas...."
Après la randonnée, la comptine. Plutôt assassine, comme titre Pierre Dubois le célèbre conteur-artiste-écrivain...
Si assassine qu'il rappelle le standard
"Vous n'avez pas dû faire le 0, faites le 0
Il voulait faire un test en institut. Plus besoin de se déplacer. Le diagnostic est fait : il est atteint de surdité.
Il ne perd pas espoir. Il rappelle.
Enfin il a le service........ vocal. Il faut qu'il se déplace.
Soit,
qu'il randonne pour de vrai.
Il y avait, il n'y avait pas.... c'est presque vrai. C'est vrai.


* ou l'art de s'amuser avec de faux chiffres
**-de là-bas d'ici ou d'ailleurs, peu importe [ou, plus moderne, sortons du siècle dernier, s'il vous plaît, on s'en fout]
et être accompagné, on se sent moins seul. Bonne journée

jeudi 14 octobre 2010

Parapluie étui, étui, parapluie, pluie

La pluie tombait à verse. Sans prévenir. Il faut dire qu'elle avait du retard. La terre s'imbibait avec plaisir. Les caniveaux montaient, l'eau montait, la mer montait, l'Océan montait, dans les Pôles la glace fondait....

J'arrête ici c'est encore trop teau, pardon trop tôt.

Bref il pleuvait et son ensemble était neuf. Impossible de tergiverser. Fallait le protéger. Il n'y eut que l'embarras du choix. Pas côté prix. Le sujet était réglé, elle les perdait toujours, ce serait un petit prix. Un petit prix mais un joli dessin. Un tachetis, un mouchetis bref quelque chose qui passait inaperçi, pardon inaperçu.

Clic superbe il s'ouvre d'un doigt. Et il est beau. Ce premier jour l'a pas chômé le parapluie : elle a couru partout et même suivi la manifestation.
Le lendemain il pleut. Clic clic, toujours d'un doigt. Joli mouvement. Joli parapluie. Belle obligation. Il pleut à verse.
Le surlendemain  il pleut encore et toujours. Mais pour ouvrir le parapluie, ça coince. Elle pousse, elle appuie, elle dérape. D'un côté elle tient le manche ! De l'autre le parapluie. Structuré, mais encombrant. Heureusement le vent ne s'y est pas mis. Heureusement. Essayez de retenir un umbrella sans manche dans le vent vous ! Sportif mais surtout inefficace.

La journée a passé. A chaque entretien, parapluie plié dans étui. Pour ne pas inonder. Pratique l'étui.
Mais le soir chez elle dès l'entrée, l'étui, impossible de le trouver. Horreur elle déteste mouiller son plancher. Ahhhhhhhh Heureusement il y avait le minuscule bac à douche, [à moins que ce ne fut tout simplement le lavabo ?]

Bon, repas, télé, non j'ai pas écrit plateau-repas, elle a horreur de manger sur ses genoux.
Bon bref, repas, télé, dodo, rêve : influence du jour, Niagara falls. Quand elle se réveille il lui semble qu'elle n'a pas cessé de nager la nuit entière. Bain, déjeuner, vêtements, escarpins et... ? Parapluie. C'est la porte entrouverte qui l'affirme. Et toute la journée, elle court, elle court, parapluie plié, l'étui, parapluie ouvert, parapluie plié, ouvert... plus d'étui ? Où est-il tombé, elle l'a perdu. Marche arrière, regard jeté, pas d'étui   misère tant pis. Mais quel dommage qu'il n'y ait plus l'étui. Elle ne se laisse pas abattre. La pochette plastique du magasin qui lui vend ses pinceaux -elle n'a jamais oublié la peinture à l'eau- fera l'affaire. Faut dire.... qu'elle est belle, l'illustration est une aquarelle. Ce n'est pas pour déplaire au parapluie.....  C'est le dernier rendez-vous. Il pleut. Mais pas sur les jardins alanguis, ni sur les roses de la nuit, et puis il ne pleut que des larmes de pluie, il pleut, c'est à pleurer parce qu'elle n'entend pas le clapotis, elle, le clapotis du bassin qui se remplit, elle ne peut pas dire Oh mon Dieu, que c'est joli, non non non la pluie, elle voudrait que ce soit fini. Si encore elle avait l'étui. Où est-il celui-ci ?


Elle remonte l'artère principale, tête baissée, car le vent se lève Non pas réveille-toi, ou enfin si, réveille-toi il faut que tu t'accroches le vent est si fort ! Et c'est à ce moment-là que les mains accrochés aux manches et les yeux collés dans le miroir de l'asphalte elle l'aperçoit.  Qui ? Son étui. Oui, c'est bien lui, même dans l'obscurité elle reconnaîtrait son parapluie, son motif, son mouchetis, son tachetis. Quel hasard tout de même. Parce qu'en plus, l'étui se repose devant l'entrée du magasin où elle l'a acheté. Trois jours déjà, pas banal. Quel hasard. Et si ce n'était pas le sien ? Quelle question, c'est le sien, cela fait trois jours qu'elle ne le trouve plus. En pensée elle remercie tous ceux qui voulaient s'arrêter pour le ramasser et qui ne l'ont pas fait. Un bonheur, c'est un bonheur. Elle a retrouvé son étui. La pluie fait des claquettes, non, faux, à vrai dire, c'est elle qui danse, de joie ! Mais en y regardant bien, il y a quelque chose de Nougaro dans ses pas. Pas de l'oie, oie du capitole ! L'étui est imperméable, comme son parapluie. L'étui brille. Elle n'en croit pas ses yeux et pourtant si, c'est bien le même et le plus drôle -non c'est pas drôle- pendant qu'elle se penche sur l'étui pour le ramasser, l'eau des baleines -elles devraient arrêter de s'ébrouer celles-là-. lui coule dans le dos. Entre sa peau et le chemisier de soie bleue. Heureusement que c'est de la soie. C'est mieux. Elle ne craint pas la pluie la soie. Trève de tergiversation, elle plonge et attrape l'étui. Non, elle ne le range pas dans son sac. Vous vous rendez compte des dégâts que peut faire un parapluie... mouillé dans un sac de femme. Je préfère ne pas vous dire. Elle tient le parapluie dans la main. Elle en profite pour prendre l'autobus. Le bus c'est trop vulgaire. Comment ça la pluie de mon parapluie dans vos chaussures ? Mince les baleines remettent ça. Un deux trois, enfilé l'étui. Quel doigté. Elle peut s'asseoir et reprendre le roman qu'elle a commencé il y a quatre jours seulement : "La Mousson" Qu'est-ce qu'il pleut dans ce livre, d'ailleurs c'est à chaque fois pareil. Quand elle le ferme elle est obligée de l'essorer. Sinon l'eau monte où qu'elle soit.  Ouf, la voilà chez elle. Parapluie et étui dans lavabeau. Vêtement eaûté. Fini la pluie.

Repas, télé, non pas plateau TV, ni plateau-repas, elle a horreur de manger sur ses genoux.


Bon bref, repas, télé, dodo, rêve. Sous influence du jour, mais cette fois Salto Angel vénézuélien. Moins large mais plus haut le saut, à n'en pas finir.  Après le rêve, le réveil. A-t-elle vraiment nagé toute la nuit, la voilà en maillot de bain ? Elle ne se souvient de rien. Sauf que que qu'elle à cinq entretiens. Une vraie fusée entre dans la salle de bain, déjeune, s'habille se chausse, ah les escarpins, coup d'oeil furibard, elle aimerait un peu plus de quotidien. Après tout serait-elle vraiment différente si elle portait ses Kine ?  Oups, il pleut. Elle re-rentre -souvent les gensses y disent ça, tu re-rentres ?- Parapluie. Et toute la journée, elle court, elle court, parapluie plié, parapluie ouvert, plié, ouvert... Mais au soir la pluie se calme; C'est mieux, c'est beaucoup mieux. Les baleines ne se mettent pas en eau inutilement. Personne ne la fusillera du regard dans l'autobus. Hummmmmmm C'est bon de retrouver son p'tit appart, sa douche, son Coyro, sa TV, son traversin, son oreiller, sa nuisette soyeuse, oui oui, toute de soie sinon ça l'fait pas. Son rêve. Tout mouillé. Elle ne nage pas, elle cabriole, elle dauphine, elle glisse la cascade Biberon, s'échappe par la Ravine et plonge dans l'Océan Indien. Plage de sable fin, soleil paradisiaque....
Par la porte entre le soleil. Pas du tout, il pleut toujours et plus qu'à verse. Vite le parapluie. Plus de parapluie. Mais deux étuis. Zut flûte. Faut y aller tout de même. Autobus à l'arrache. Cling billet passé. Chute libre dans fauteuil. Plus que ses yeux pour pleurer. Quand soudain devant elle une voix s'exprime. Elle dit qu'elle a trouvé un parapluie identique au sien, la veille au soir en descendant du bus !!!! "Voyez-vous, avec le même tachetis, le même mouchetis" Et dire que j'ai perdu mon étui de parapluie. Cela me fait deux parapluies sans étui. Derrière la femme qui parle, une tête tente une approche. Et deux mains fouillent dans un sac. Je vais le trouver, pourvu qu'elle ne descende pas au prochain arrêt, je vais le trouver, je vais le trouver ! Tout à son jeu, elle hurle, "gagné, j'ai retrouvé votre étui Madame" dit-elle bruiyamment. Ce faisant la voilà nez à nez avec la dame qui parlait. "Ce n'est pas bien dit-elle de regarder par-dessus l'épaule d'autrui, je sais je sais mais n'est-ce pas l'étui de votre parapluie ? Un étui contre mon parapluie ? " Elle rit, la dame rit, celle qui écoutait la dame rit, ceux qui n'écoutaient rien mais ont tout entendu rient. C'est beau la pluie. Eclat de rire. De bus en autobus, ces deux-là  sont devenues amies.

mardi 23 mars 2010

Petite-Graine-qui-pleure (signé Lania)

Il était une fois sur mon balconnier

Dans une nuit noire.... tout les locataires dormaient.

Larro Zouar, les jolies Capucines, Jojo LeVentilo, Carillon Japonais et Lanterne Chinoise,tous dormaient. Alors qui était celui ou celle qui pleurait ? La dernière venue, une petite graine plantée le jour même. Elle pleurait et s'agitait sous son édredon de terre.
"Pourquoi tu pleures ?" Demande Lanterne Chinoise

"J’ai peur du noir" répond Petite-Graine-qui-Pleure

"Demande à Carillon japonais de faire de la musique pour moi et je te ferai de la lumière"

"ah bon, tu crois qu'il fera ?" "bien sûr que je le crois"
Petite-graine-qui-pleure demande
"Carillon Japonais joue de la musique pour Lanterne Chinoise, elle donnera sa lumière, j’arrêterai de pleurer et je m’endormirai heureuse et rassurée."

Carillon Japonais est un petit fainéant : il répond

« demande à Jojo le Ventilo qu’il fasse du vent pour moi et elle aura sa musique ! »

Petite-graine-qui-pleure demande
"Jojo LeVentilo, donne de l'air à Carillon Japonais, il jouera de la Musique à Lanterne Chinoise, elle donnera sa lumière, j’arrêterai de pleurer et je m’endormirai heureuse et rassurée !"

Jojo Leventilo est un petit rigolo, il répond

« demande aux Jolies Capucines de danser pour moi  et il aura son vent ! »

Petite-Graine-qui-Pleure demande

"Jolies Capucines dansez pour Jojo Leventilo, il offrira de l'air à Carillon Japonais ; qui jouera de la musique pour Lanterne Chinoise, elle me donnera de la lumière et moi qui pleure parce que j’ai peur du noir, je m’endormirai heureuse et rassurée"

Les Jolies Capucines sont des coquines. Elles répondent

« Demande à Laro Zouar qu’il nous douche, car nous sommes toutes froissées !"
Petite-Graine-qui-pleure demande

"Lar Ozouar, douche les jolies Capucines, elles danseront pour Jojo le Ventilo, celui-ci soufflera le vent à Carillon Japonais, celui-là jouera de la musique à Lanterne Chinoise, celle-ci donnera sa lumière et moi qui pleure, parce que j’ai peur du noir, je m’endormirai heureuse et rassurée

Lar Ozouar est un bavard, il répond : « Quoi quoi quoi quoi quoi demande à Miss Pluie qu’elle me verse à boire alors, elles pourront se doucher ! »

Petite-Graine-qui-Pleure demande

"Miss pluie verse à boire à Larro Zouar, il douchera les Jolies Capucines, elles donneront un spectacle à Jojo LeVentilo, il donnera du vent à Carillon Japonais, qui jouera de la musique à Lanterne Chinoise qui me donnera de la lumière et moi qui pleure parce que j’ai peur du noir, je m’endormirai heureuse et rassurée !"

Psitt psitt psitt approchez les petits qui lisez  je vais vous confier un secret : Miss Pluie est amoureuse. Elle répond :
« Invite Lô Rage à me demander en mariage et je t'offrirai un pot ! »

Petite-Graine-qui-Pleure demande

"Lô Rage .... demande Miss Pluie en mariage, elle versera à boire à Larro Zouar, il douchera les Jolies Capucines, elles danseront pour Jojo LeVentilo, il soufflera l'air sur Carillon Japonais, qui jouera de la musique pour Lanterne Chinoise, qui me donnera de la lumière, et moi qui pleure parce que j’ai peur du noir, je m’endormirai heureuse et rassurée !"

Lô Rage est inquiet. Il répond

« Invite Arkenssiel à être mon témoin et je la demanderai en mariage ! »

Arkenssiel !
En entendant ce nom, Petite-Graine-Qui-Pleure se désespère. De mémoire d’homme on n’a jamais vu Arkenssiel sortir de nuit. C'est fini, il n'aura pas de lumière. Petite-Graine-Qui-Pleure se remet à pleurer.

Au même moment, qui savait, qui aurait pu savoir, Arkenssiel se promène. Une idée dans la tête, une lubie dans le coeur. Il veut rencontrer la Lune. Et il a bien de la chance car la Lune se promène. Ils se rencontrent. Et bla bla bla et bla bla bla et ta ta ta ta et ta ta ta ta ils parlent. Et bientôt Lune dit "j'entends quelqu'un pleurer ?" "Vous avez raison Lune j'entends quelqu'un pleurer" Chacun se penche sur le balconnier.

Et tout se déclenche 
 Arkenssiel veut bien être témoin
Monsieur Lôrage fait sa demande en mariage : "Voulez-vous m'épouser Miss Pluie ?"
Miss Pluie offre à boire
Larro Zouar douche les Capucines
Les danseuses dansent
Jojo Leventilo souffle l'air
Carillon japonais joue sa passacaille préférée (morceau de musique et danse de rue)
Lanterne Chinoise offre sa lumière.

Et qui s'endort heureuse et rassurée ? Petite-graine-qui-ne-pleure-plus

Le lendemain, sur le Balconnier,
Petite-graine-qui-ne-pleure-plus fleurit de toutes ses couleurs : bleu profond, bleu léger, rose, violet, blanc ou saumon. Devant tant de beauté le Poète s'est arrêté, pour dire une poésie.

Il était une fois
au milieu d'une cité
un joli balconnier

Il avait nombreux locataires
et  beaucoup de caractère
Quand
Les uns faisaient, les autres disaient
Quand les uns disaient, les autres faisaient
Quand
certains se querellaient
beaucoup les rabibochaient
Parfois ils déménageaient

D'avril en mars
ça ne cessaient
De violettes en glaïeuls,
ou de mai à septembre
de lys en chrysanthèmes
ou d'octobre en février,
de freesias en rose de Noël

C'était comme une valse,
sur le balconnier
une ronde sans fin.

Chaque printemps
tous revenaient
C'est impossible d'oublier
un magnifique balconnier

Ici, tout le monde applaudit car l'histoire est fini.

lundi 30 novembre 2009

Il embraya ....

C'est derrière le miroir aux alouettes qu'il eut l'idée. Il décida d'être vache. Alors il prit le taureau par les cornes et sans passer du coq à l'âne il se prépara à jouer au coq en pâte, un tour de cochon. Ce n'est pas facile. Il fait plusieurs tentatives, à en avoir la chair de poule. Il s'obstine. A ce niveau, mieux vaut ne pas tuer la poule aux oeufs d'or. D'autant plus qu'il ne se destine pas à être le dindon de la face. Dans un regain d'optismisme, il se fait gai comme un pinson mais sifflant comme un merle. Oh oh oh, ce n'est tout de même pas au vieil hibou qu'il est qu'on posera un lapin. A quoi servirait-il d'être chouette. Alors prudence, la décision s'impose à lui illico presto : il lèvera un lièvre plus que deux à la fois. Bien sûr ses amis mangeraient comme un moineau, mais chaleur aidant ça suffirait amplement. Rusé comme un renard, il pénétra dans la voiture pie et d'un seul pigeon vole, il embraya sur le vif du sujet.

mardi 30 juin 2009

Vent, vent oh la la quel vent !

Sur un balcon une fillette joue avec son poupon.
Le poupon perd son bras.
Pauvre poupon !
"Chic" se dit Lebras "à moi les voyages"
Et Lebras s'en va, Lebras
s'envole et le vent s'emmêle et hop là le mène mène, le tourne-mène, l'emporte sur la plus haute tour du Colombia.
Lebras admire l'enfant qui danse, bras tendus, sur le rebord de la fontaine.
Déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, tournemène-emporte Lebras sur la plus haute pointe de l'Hymalaya

Nez au frais, joues rosies, Lebras regarde le Gange, le célèbre fleuve indien. Il descend des neiges éternelles, saute de rocher en rocher et file, paisiblement, à travers les plaines pour s'unir à l'Océan
Déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, tournemène-emporte Lebras jusqu'au dernier étage de Miss Toureiffel

"Belle belle demoiselle joliment tête en l'air, donne-moi un baiser" dit Lebras. Miss Toureiffel rit et se penche et dépose un baiser de feu de fer sur la joue rosie de Lebras. "Merci merci" dit celui-ci en regardant le tout Paris, c'est beau ici.
Déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, tourne-mène-emporte Lebras s'en va loin très loin, plus loin, au-dessus, au-delà, dans le port de New York, sur la main de la statue de la Liberté

"Bonjour, petit français de Paris" dit la femme apaisée, "chatouille-moi s'il te plaît il y a longtemps que je n'ai pas ri" Bzizzzzzze, les chatouilles l'enchantent.
Déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, tourne-mène-emporte Lebras qui s'envole et atterrit sur les terrasses du Machu Pichu
"Ho ho, comme c'est haut ici" dit Lebras et il descend les escaliers.
Pachamama, la déesse de la Terre rit. Quel exploit.

Les rires jouent d'un roc à l'autre. Dans la vallée profonde ils se répercutent. Valse d'échos jamais éteinte.
Déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, tourne-mène-emporte et Lebras s'envole et atterrit sur le bord des chutes du Niagara.
Quel bruit, quelle pluie, quelle humidité, quel mouvement,

Lebras essuie son visage pendant que le petit bateau tourne-danse-remue sur la mousse blanche.
Déjà le vent s'en mêle, le mène mène, le tournemène-emporte et Lebras
s'envole et atterrit sur le balcon de Lania


"Lania Lania mon poupon a perdu son bras !!!
"Qu'est-ce que tu racontes, Fiyette, ton poupon est dans tes bras. Tel qu'il est il est tout en entier et il voudrait recommencer à jouer"
Fiyette se réveille. Elle baille. Elle dit, la bouche grande ouverte, qu'elle a l'impression d'avoir voyagé dans les airs, d'avoir vu
La plus haute tour du Colombia
Le plus haut sommet de l'Himmalaya
la Tour Eiffel
La statue de la Liberté
Les terrasses du Machu Pichu
Les chutes du Niagara
Le balcon de Lania
Crois-tu que j'ai vu tout ça Lania ?
"Pour le balcon sûr et certain Fiyette. Pour le reste toi seule sais, et pour moi qui ne sais pas, tu vas bien me raconter ? "
Et Fillette raconte.Voilà, c'est fait.
Et ri ri, la petite souris a tout pris. Voilà le conte fini.

lundi 22 juin 2009

Los diez perritos,

Los diez perritos, libre traduction de Lania

Mes dix chiots
J'avais 10 chiots
L'un s'en va au salon Bio
N'en reste plus que 9
Parmi les neuf qui restent
L'un détale vers la ville d'Elboeuf
N'en reste plus que 8
Parmi les huit qui restent
L'un prend la fuite
N'en resta plus que 7
Parmi les sept qui restent
L'un part guincher à la guinguette
N'en reste plus que 6
Parmi les six qui restent
L'un cueille des myosotis
N'en reste plus que 5
Parmi les cinq qui restent
L'un rejoint le vieil ornythorinque
N'en reste plus que 4
Parmi les quatre qui restent
L'un court chez le phoniâtre
N'en reste plus que 3
Parmi les trois qui restent
L’un cavale sur le cheval de Troie
N'en reste plus que 2
Parmi les deux qui restent
L'un me quitte franc-jeux
Ne reste plus que le dernier.
Il disparaît en février

Ne me reste plus
un seul de mes dix chiots
Lania

mardi 16 juin 2009

P'tit Nuage Triste.

Il était une fois, P'tit Nuage
Sa Maman s'appelait Rivière. Elle était belle comme le cristal. Et douce comme unepluie d'été
Son Papa s'appelait Soleil. Et il était chaud, comme la lave du volcan.
Au bout d'un temps Papa Soleil s'en va, remonte dans les cieux, derrière les collines se couche. Chaque matin se lève. Et s'élève dans les cieux. Chaque soir se couche et s'enfonce dans la terre. S'élève, se couche, s'élève. Se couche.

Rivière caline son P'tit Nuage. Elle le berce, l''habille de vagues vaguelettes. Bientôt il grandit. Grandit beaucoup. Le voilà grand. Il veut son Papa. P'tit Nuage s'en va voir son Papa.

Mais ce n'est pas facile de le trouver. Il n'est pas par là, pas par ici. P'tit Nuage monte monte, s'élève, s'élève. Il s'inquiète. Il a l'air triste. Il est triste. Il pense "Mais où est-il mon papa"
et il fait la moue, il est triste, triste, triste.

Alors passe le Vent, en courant d'air, enfin à toute vitesse. Soudain il s'interroge : je crois avoir dépassé quelqu'un. Qui est-ce ? Et il se retourne. Et il s'étonne devant la petite bouille toute rouillée de larmes de P'tit Nuage.
Il lui dit "T'es qui toi ?"
"P'tit Nuage répond qu'il s'appelle P'tit Nuage !

"P'tit Nuage, de Dame Rivière et Père Soleil, quelle belle surprise, je suis Vent Tononcle, quel plaisir de te rencontrer. Mais dis-moi, tu en fais une drôle de tête toi, qu'est-ce que tu as ? Pourquoi tu pleures ?"

La Maman de P'tit Nuage a bien dit "On ne parle pas à qui on ne connait pas ?" Que doit-il faire ? Il ne répond pas.
"Pourquoi tu ne réponds pas, allez, dis-moi, pourquoi tu pleures ? vas-y dis-le dis-le moi !"

P'tit Nuage se décide. "Je pleure parce que !"
"Tu pleures parce que, parce que quoi ?" dit Tononcle Levent

"Parce que je suis triste !"
"Tu es triste, mais pourquoi tu es triste ?"

"Je suis triste, j'suis triste !"
"Mais je ne peux pas supporter que tu sois triste, regarde-moi bien, je vais te faire rire !"

Et Tononcle Levent tire un p'tit carnet de sa poche et quelques crayons d'une autre et il se met à dessiner un vent fort qui souffle sur les lions. Les lions affolés courent tout partout : "ça te plaît !"

Tononcle Levent s'étonne, "tu n'aimes pas les lions ?"
"Non, j'suis triste, j'suis triste !"

T'inquiète pas fiston, regarde bien, je vais te faire rire !"

Alors Tononcle Levent sort d'une poche un appareil photo et il photographie les gazelles. Elles courent tout partout.
Tu n'aimes pas les gazelles ?
"Non, j'suis triste, j'suis triste !"

"T'inquiète pas fiston, regarde bien ce que je vais faire, ça va te faire rire !"
Tononcle Levent sort de la poche de son blouson un camescope et il filme un troupeau d'éléphants et les nuages de poussière. Et il lui montre le film
"Tu n'aime pas les films ?"
"Non, j'suis triste, j'suis triste, c'est tout !"

Mais enfin, qu'est-ce que je peux faire pour te faire sourire ? dit Tononcle Levent.
P'tit Nuage regarde Tononcle Levent et répond "Moi je sais, fais-moi une bise !"

Et Tononcle Levent fait une bise au P'tit Nuage. Qui sourit.

Ce n'est pas de moi, peut-être de Raymond Queneau : Je n'ai pas d'imagination

QUE VOULEZ-VOUS QUE JE VOUS DISE ?
Moi, je ne sais pas inventer.


Je vous propose sans surprise
quelques vieilles banalités.
L'arbre à chansons qui chaque été
fredonne, pour vous dans la brise.
L'auto à vent, l'avion à thé.
Le stylo, spécial pour dictées,
qui sait écrire sans sottises
(ou cent sottises entêtées)
Le sèche-océan (breveté)
pour vous baigner à votre guise.
(L'eau sèche est bonne à la santé)
La chaise en noyaux, de cerises.
La tour Eiffel, à tricoter.
Le chauffage, de la banquise
Le prie-Dieu, pour Mont de Piété
Un manège, à chevaux de frise.
Du beurre à l'électricité
Le soleil couchant, en chemise.
La bicyclette à barboter.
Un diplôme de gourmandise.
le cordonnier du chat botté.
La bouée chantante de Venise.

MOI, JE NE SAIS PAS INVENTER
que voulez-vous que je vous dise ?
Moi, je ne sais pas raconter.


Au lieu d'écrire des sottises
je dis ce que j'ai constaté.
Car il suffit de regarder :
le kangourou prend sa valise,
sa pipe, sa corde à sauter
il part à l'université
apprendre à parler le kirghize.
ça peut servir en société
autant qu'un bon piano forte.
Il rencontre près de l'Eglise
Une puce bien cravatée
qui lui déclare "je t'avise
que je bondis, en vérité,
plus haut que toi et ta valise".

Quand le Kangourou voûté sauta comme un furieux en crise,
la puce, avec vivacité
sur son bout de nez s'étant mise,
n'eut pas de mal à ressauter
plus haut que lui. Quelle surprise !
Mais vous, vous l'aviez devinée !

QUE VOULEZ-VOUS QUE JE VOUS DISE,
Moi, je ne sais pas inventer.

samedi 25 avril 2009

Cessez de bavasser, dessinez !

Le maître a dit.

L'escargot obéit.
Pas à pas,
pied à pied
trait par trait
point par point.

Au bout de la nuit
l'escargot se couche.
Sur le trottoir
son oeuvre brille.
D'une ponctuation
fil argenté.

L'antenne levée,
"Maître" dit l'Escargot
"J'ai fini !"
Le maître dit "Bravo !"

J'ai suivi ce matin
Pas à pas
Pied à pied
Point par point
Trait par trait
A cloche pied...
le jeu de l'oie de l'Escargot

Pas à pas
Pied à pied
Point par point
Trait par trait
A cloche pied...

"Recommencez" dit le maître

Pas à pas....... Pied à pied.................... Point par point....................
Trait par trait...................... a . Clo........che........pied.....sous........vos.......yeux...........je......le........."fée"

Recette pour faire une poésie incomprise,

Recette "Pour faire un poème dadaïste" de Tristan Tzara
("7 manifestes Dada"; 1924)


"Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l'article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l'une après l'autre.
Copiez consciencieusement dans l'ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d'une sensibilité charmante, encore qu' incomprise du vulgaire."

Sujet, les jeux . Cessez de bavasser, dessinez.

Le maître a dit.

L'escargot obéit.
Pas à pas,
pied à pied
trait par trait
point par point.

Au bout de la nuit
l'escargot se couche.
Sur le trottoir
son oeuvre brille.
D'une ponctuation
fil argenté.

L'antenne levée,
"Maître" dit l'Escargot
"J'ai fini !"
Le maître dit "Bravo !"

J'ai suivi ce matin
Pas à pas
Pied à pied
Point par point
Trait par trait
A cloche pied...
le jeu de l'oie de l'Escargot

Pas à pas
Pied à pied
Point par point
Trait par trait
A cloche pied...

"Recommencez" dit le maître

Pas à pas....... Pied à pied.................... Point par point....................
Trait par trait...................... a . Clo........che........pied.....sous........vos.......yeux...........je......le........."fée"