LA MAIN VERTE
Conte du Dauphiné, façon Lania
Il y a main et main. Il y a main à donner ou à serrer, main à tendre ou à prêter, mains de maître ou mains jointes, mains sales à laver, main de fer à la craindre, ou main de velours à l'espérer, main droite ou main gauche et de la main à la main d'autres mains et demains.
Mais aujourd'hui il y a main verte. La main verte. Non pas celle qui donne de l'âme aux fleurs, mais celle qui donne des peurs à l'âme, l'âme des petites filles.
QUITTEZ VOS LUNETTES ENFANTS QUI EN AVEZ. FERMEZ VOS YEUX SI N'EN AVEZ PAS. L'HISTOIRE S'APPROCHE. L'HISTOIRE VIENT. L'HISTOIRE EST LA.
Il était une fois, une maman demanda à sa fille d'aller chercher sa bassine à laver. "Je ne peux pas y aller, tu vois bien que je nourris ton petit frère" et elle ou elle avait rangé la bassine à laver la dernière fois qu'elle l'avait utilisé. "Allez petite et ramenez-la moi !" L'enfant s'en alla. Sa maman écouta le claquement de ses pas diminuer en direction de la cave, jusqu'à ce qu'ils ne fassent plus tacatac comme ils faisaient sur chacune des marches à claire voie qui descendaient à la cave. Alors la maman imagina les petits pieds. Elle les voyaient se poser sur le sol de terre molle et irrégulière qui étouffait les bruits. Elle imagina l'enfant en train de chercher la bassine en métal. Mais elle ne put imaginer ce que découvrit l'enfant. Pas plus qu'elle ne put entendre le cri que la petite fille poussa en sursautant quand une main verte surgit sous ses yeux et la regarda fixement raide comme une main de fer. La petite fille se figea. Pourtant elle n'avait qu'un seul désir. Fuir. Mais elle était dans l'impossibilité de décoller un seul pied du sol et incapable de bouger un seul doigt. Seules ses oreilles fonctionnaient encore. Quand la Main verte se mit à parler, elles l'écoutèrent. Elle disait :
"Attention fillette, ne raconte surtout pas à ta mère que tu m'as vue sinon ce soir je me régalerai d'une petite fille qui aura trop parlé !"
La petite fille comprit tout. Elle n'avait aucune envie de servir de repas au monstre qui la narguait à trois pas de son nez. Elle lui répondit en s'empêchant maladroitement de trembler : "Je je je ne pense pas que hoc hoc je le dirai à hoc hoc ma mama ma maman, c'est hoc promis !"
A ces mots la Main Verte disparut. L'enfant retrouva peu à peu sa respiration.
Dans la cave il y avait très peu de lumière et beaucoup de toiles d'araignées qui lui caresseraient les cheveux, les bras, les joues ou les mains. Brrrrrr, à l'idée elle frémit encore. Elle ne s'attarderait pas davantage. Elle attrapa la bassine à laver et fit demi-tour sans tarder.
Déjà les petits souliers ne font plus taca tac tacatac sur les marches à claire voie de l'escalier qui surgit de la cave. Ils glissent sur le parquet ciré du couloir. Le coeur de l'enfant bat si fort la chamade que la maman l'entend dès qu'elle apparaît. Elle tourne la tête et s'exclame " Petite, vous pleurez ? Pourquoi donc, dites moi tout, je veux savoir : que vous a-t-on fait ?"La Main Verte dressée au-dessus de la bassine à laver se présente aussitôt à l'esprit de l'enfant. Elle voit l'index accusateur, elle l'entend dire "Attention Petite, ne dis pas que tu m'as vue sinon ce soir je te tue !" L'enfant ferme les yeux. Elle se souvient de sa promesse. Elle se taira. Mais sa maman insiste. Elle demande encore une fois "Pourquoi pleurez-vous mon enfant, pourquoi donc, parlez-moi ! C'est important Je dois savoir !" L'enfant hoquète "Si je vous le dis Ma Mère, la Main Verte me mangera !" Et dans sa gorge trébuche un nouveau hoquet.
"C'est une histoire idiote fillette que vous me racontez-là, une Main Verte qui parle ça n'existe pas ! Si vous continuez ainsi, vous deviendrez conteuse mon enfant ! Une main verte qui aurait envie de manger, ça n'existe pas ! Cessez de pleurez s'il vous plaît. Et n'oubliez pas que de toutes les façons je suis là pour vous garder, pour vous protéger ! Mademoiselle, tant que je serai là personne ne vous mangera !"
Ce sont de belles paroles réconfortantes et pourtant l'enfant se remet à pleurer et à hoqueter de plus belle. Elle est terrorisée. Elle a beau tenir ses yeux fermés, la Main Verte est toujours là. Sa mère insiste : "Alors fillette, racontez-moi tout !".
L'enfant raconte tout ce qu'elle a vu de ses yeux vus "Maman il y a dans votre cave une affreuse Main Verte. Elle m'a sauté au nez du plus profond de la bassine à laver. J'ai eu très peur. J'ai sursauté. J'ai manqué tomber. Elle m'a parlée. Je l'ai écoutée. Elle m'a dit qu'elle me mangerait si je m'avisais de vous raconter !" Et l'enfant se remet à trembler. "Venez dans mes bras, calmez-vous, n'ayez pas peur" dit la mère tout en lui caressant les cheveux. " Montez vous coucher et soyez sans crainte j'irai vous voir dans le milieu de la nuit ! Allez bonne et douce nuit petite !" L'enfant embrasse sa maman qui la regarde avec tendresse. La voilà rassurée. Quelques tac tac tac rapides elle monte les marches deux par deux comme un jeu et au bout de l'escalier elle entre dans sa chambre. Vite je me déshabille et je me couche. La voilà endormie d'un bon sommeil d'enfant. Bientôt la nuit se fait profonde, épaisse, noire et une chouette hulule. C'est à cet instant précisément que dans l'escalier de la cave une planche gémit. Puis une autre et une autre encore. L'enfant est réveillée. Elle a entendu. Mais elle n'entend plus. Elle retient son souffle. Elle écoute le silence. C'est alors qu'une voix dit "Tu m'as désobéi fillette, tu as parlé, me voilà non loin de toi, en haut de l'escalier de la cave. Je viens te prendre et je te mangerai !" L'enfant bouche ses deux oreilles de ses deux mains et elle appuie bien fort sur elles. Mais cela ne l'empêche pas d'entendre de nouveau des pas. "Ni la voix : "Qui m'a désobéi fillette ? Je suis dans la cuisine, j'aiguise les couteaux et je prépare ma tartine pour t'étaler dessus !" Cette fois l'enfant se glace et se coule en entier sous le drap de lit qui est secoué de tremblements. La porte s'ouvre et la voix dit "Fillette qui a trop parlé me voilà arrivée !" Sous le drap le coeur de l'enfant bat de nouveau la chamade. Le lit bouge : son coeur va éclater. "Me voilà près de toi fillette, je vais te manger !" Le drap se soulève et l'enfant s'évanouit. Dans la pâle lueur de la lune, le lit n'est plus qu'une plaque blanche vide ! Dans l'escalier une enfant sidérée pend au bout d'une Main Verte ! Quand le coq chante le jour se lève et la maman aussi. Elle se précipite dans la chambre de son enfant et pousse un cri. Sur le drap blanc une tache de sang. Alors elle hurle puis soudain lui revient en mémoire tout ce que lui a dit l'enfant. Elle disait vrai. Cla cla cla cla cla ses pieds dévalent les escaliers en trombe ; glissent sur le plancher ciré à toute allure, dégringolent de nouveau vers la cave. La Main Verte est bien là. La Maman n'hésite pas. De ses deux mains voilà une Main Verte bel et bien tranchée. L'enfant, toujours vivante, quitte le coin où elle s'était cachée et se jette dans les bras de sa mère. Toutes les deux rient et pleurent de joie. Ouf, cette fois l'histoire est finie. Tout va pour le mieux sauf pour la main qui l'a écrite : elle est bleue de peur.
? chamade : Batterie de tambour ou sonnerie qui annonçait l?intention de capituler dans une ville assiégée
? mais aussi, c?ur dont le rythme s?accélère sous l?effet d?une violente émotion :
Au revoir
Et à bientôt
Le texte original de "La Main Verte" se trouve dans l?ouvrage intitulé
« 365 contes de la Tête aux Pieds » sûrement chez Gallimard sous la direction de Muriel Bloch (à vérifier)
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mercredi 22 avril 2009
samedi 11 avril 2009
Une randonnée contée : "Vive le bon beurre salé bre ton"
Vive le bon beurre salé breton
LANIA – 26/04/07
Il était une fois…
Deux petits parisiens se retrouvent en vacances de Pâques en Bretagne. Ils sont arrivés la veille et ne rêvent que d’aller se promener sur la plage. « Vite Paul, vite, réveille-toi, habillons-nous, déjeunons et allons nous rouler dans le goémon ! »
Ce joli projet va être quelque peu enrayé, lisez-la bien. (la = randonnée)
Les deux garçons veulent tout simplement déjeuner et filer sur la plage. Trois enjambées pour l’un, une glissade le long de la rampe de bois pour l’autre, deux pas plus loin, ils pénètrent dans la cuisine en se frottant les mains de plaisir
"A nous le petits déj’ breton ! »
A nous, à nous.... rien n’est moins sûr mais comment pourraient-ils s’en douter ? Lisez donc.
Lequel des deux veut prendre du lait ?
Quand il pose la main sur sa poignée, Frigo se bloque, crie-trépigne qu'il ne veut plus être tripoté, qu'il restera porte fermée !
Chacun échange avec l'autre un regard inquiet. Tous deux répondent.
"Tant pis pour toi Frig'O tu veux rester fermé, reste fermé.
Nous nous passerons de lait...."
Lequel dit « De lait peut-être, mais pas d' eau ! »
Chacun se tourne vers Rob'Inet qui se met à s’écrier-s’étouffer à la première main posée sur lui,
« Je ne tournerai pas sur moi, je ne tournerai pas »
Les deux garçons se regardent de nouveau, yeux tout grands ouverts et disent
"Tant pis pour toi Robinet tu veux rester fermé, reste fermé.
Nous nous passerons d'eau »
Lequel des deux dit « D’eau peut-être mais de tartines, que nenni. »
Lequel s’est tourné vers Boîtapain ?
Pourtant, à la première main posée sur elle, Boît'Happain saute-hurle
« Je ne m’ouvrirai pas ! »
Les deux garçons ahuris répondent
"Tant pis pour toi Boîtapain si tu veux rester fermée, reste fermée.
Nous nous passerons de tartines"
Lequel des deux dit : « De tartines d'accord, mais de miel, pas question ! »
Ensemble ils se tournent vers IPod'Miel.
Aussitôt celui-ci s’arc-boute-bloque et clame
« Je ne me dévisserai pas je ne me dévisserai pas na ! »
Les deux copains se regardent stupéfaits : ça commence à faire, le goémon les attend, la mer va le reprendre ; ils s'énervent :
"Sympa Podemiel ! C’est toi qui dis. Alors si tu veux rester fermé, reste fermé.
On se passera de miel »
Lequel des deux dit « De miel d'accord, mais pas de chocolat. »
Et Schok'Olatière voit leurs regards glisser vers elle.
Ronde et bien ventrue, Schok'Olatière fume déjà de plaisir. Tous les espoirs sont permis. Une main s'avança. Laquelle ? Qui veut décide. Mais ce qui est, c'est ce qui se passe. A son tour Schok'Olatière crie-arc-bouté-pimbêche-collée-guindée à la première main posée « Je ne me soulèverait pas, non plus jamais ! »
La moutarde monte aux narines des deux amis. Ils le font savoir :
"Tant pis pour toi Chokolatière. Si tu veux rester arc-boutée, reste arc-boutée. On se passera de chocolat »
Qui dit « De chocolat d'accord, mais de beurre salé rien n’est moins sûr ! »
C’est dit et sur ses mots ils se tournent vers Beurrier.
Beurrier scotche-crie, à la première main posée « Pas touche, d’ailleurs je ne décollerai pas ! »
Lequel des deux trouve que ça commence à faire. Malmenés tous deux répondent :
"Tant pis pour toi Beurrier. Tu veux rester fermé, reste fermé. On se passera de beurre salé ce matin....
Lequel a répété « Ok on se passera de beur !.... puis s’est arrêté de parler rien qu’à l’idée»
"Ho Martin, c’est toi kadi ?
"Ho Paul, c’est toi kadi ?
Chacun de dire : cénoukonadi ????? Incroyable ! Répétons pour voir
Et tous deux de dire en choeur, « Mais pas du tout, on ne peut pas se passer de beurre salé, c’est une idée saugrenue, qu’on n’a jamais vue. D’ailleurs qui pourrait se passer de bon beurre salé, breton qui plus est ! Surtout pas nous ! »
Et de stopper net tout discours pour ajouter horrifiés "Mais alors, comment va-t-on faire ?"
Inspirés peut-être par le Bon Saint Eloi ou par Saint Guénolé, pourquoi pas, les deux garçons se postent raides-droits à l'image de deux horses-guards anglais. Puis ils inspirent longuement, ouvrent la bouche, et les yeux dans les yeux, ils haranguent les six trouble-fête de cette seule interrogation :
« Mais qu'est-ce qui vous prend de vous bloquer tous ainsi ? »
Frig'O, Rob'Inet, Boît'Happain, IPod'miel, Schok'Olatière et Beur'Rié répondent en choeur, dans une parfaite évidence
Vous avez oublié de nous dire "bonjour-s'il vous plaît" bande de benêts !
Les deux garçons n’en reviennent pas. En effet, bien sûr, of course, ils ont oubliés, ils se sont montrés plus benêts que benêts. Et même terriblement benôits*. Alors ils changent de formule et disent :
Bonjour Beur'Rié, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
bonjour Schok'olatière, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
bonjour IPod'miel, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
Bonjour Boît'Happain, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
Bonjour Rob'Inet, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
Bonjour Frig’O, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
A chaque fois Frig’o, Rob’Inet, Boît’Happen, Podemiel, Schock’olatière répondent et obéissent
"Bonjour les gars, vous vouliez,... Z’êtes servis !"
Et c’est vrai.
Les deux garçons rigolent. Ouf, ça va beaucoup mieux dans la cuisine.
Frig’o s’ouvre
Tout doux tout doux
Ils se servent du lait
tout doux tout doux
Le versent dans Schok’olatière
Tout doux tout doux
Ouvrent le robinet
tout doux tout doux
Remplissent Tyes’terday
tout doux tout doux
Plongent un sachet de thé
tout doux tout doux
Prennent un couteau
tout doux tout doux
Tranchent des tartines
tout doux tout doux
Etalent le bon beurre breton diamanté salé au bon goût guérandais
tout doux tout doux
et, Radio Bretagne branchée, tout doux tout doux
les gars, les filles merci pour tout,
ils déjeunent tranquilles.
Et vl'à l'bon bout (Lania et les enfants : Jeudi 26 avril 2007)
(ou Yeunn et Youenn
ou Loïc et Joël ou ….)
LANIA – 26/04/07
Il était une fois…
Deux petits parisiens se retrouvent en vacances de Pâques en Bretagne. Ils sont arrivés la veille et ne rêvent que d’aller se promener sur la plage. « Vite Paul, vite, réveille-toi, habillons-nous, déjeunons et allons nous rouler dans le goémon ! »
Ce joli projet va être quelque peu enrayé, lisez-la bien. (la = randonnée)
Les deux garçons veulent tout simplement déjeuner et filer sur la plage. Trois enjambées pour l’un, une glissade le long de la rampe de bois pour l’autre, deux pas plus loin, ils pénètrent dans la cuisine en se frottant les mains de plaisir
"A nous le petits déj’ breton ! »
A nous, à nous.... rien n’est moins sûr mais comment pourraient-ils s’en douter ? Lisez donc.
Lequel des deux veut prendre du lait ?
Quand il pose la main sur sa poignée, Frigo se bloque, crie-trépigne qu'il ne veut plus être tripoté, qu'il restera porte fermée !
Chacun échange avec l'autre un regard inquiet. Tous deux répondent.
"Tant pis pour toi Frig'O tu veux rester fermé, reste fermé.
Nous nous passerons de lait...."
Lequel dit « De lait peut-être, mais pas d' eau ! »
Chacun se tourne vers Rob'Inet qui se met à s’écrier-s’étouffer à la première main posée sur lui,
« Je ne tournerai pas sur moi, je ne tournerai pas »
Les deux garçons se regardent de nouveau, yeux tout grands ouverts et disent
"Tant pis pour toi Robinet tu veux rester fermé, reste fermé.
Nous nous passerons d'eau »
Lequel des deux dit « D’eau peut-être mais de tartines, que nenni. »
Lequel s’est tourné vers Boîtapain ?
Pourtant, à la première main posée sur elle, Boît'Happain saute-hurle
« Je ne m’ouvrirai pas ! »
Les deux garçons ahuris répondent
"Tant pis pour toi Boîtapain si tu veux rester fermée, reste fermée.
Nous nous passerons de tartines"
Lequel des deux dit : « De tartines d'accord, mais de miel, pas question ! »
Ensemble ils se tournent vers IPod'Miel.
Aussitôt celui-ci s’arc-boute-bloque et clame
« Je ne me dévisserai pas je ne me dévisserai pas na ! »
Les deux copains se regardent stupéfaits : ça commence à faire, le goémon les attend, la mer va le reprendre ; ils s'énervent :
"Sympa Podemiel ! C’est toi qui dis. Alors si tu veux rester fermé, reste fermé.
On se passera de miel »
Lequel des deux dit « De miel d'accord, mais pas de chocolat. »
Et Schok'Olatière voit leurs regards glisser vers elle.
Ronde et bien ventrue, Schok'Olatière fume déjà de plaisir. Tous les espoirs sont permis. Une main s'avança. Laquelle ? Qui veut décide. Mais ce qui est, c'est ce qui se passe. A son tour Schok'Olatière crie-arc-bouté-pimbêche-collée-guindée à la première main posée « Je ne me soulèverait pas, non plus jamais ! »
La moutarde monte aux narines des deux amis. Ils le font savoir :
"Tant pis pour toi Chokolatière. Si tu veux rester arc-boutée, reste arc-boutée. On se passera de chocolat »
Qui dit « De chocolat d'accord, mais de beurre salé rien n’est moins sûr ! »
C’est dit et sur ses mots ils se tournent vers Beurrier.
Beurrier scotche-crie, à la première main posée « Pas touche, d’ailleurs je ne décollerai pas ! »
Lequel des deux trouve que ça commence à faire. Malmenés tous deux répondent :
"Tant pis pour toi Beurrier. Tu veux rester fermé, reste fermé. On se passera de beurre salé ce matin....
Lequel a répété « Ok on se passera de beur !.... puis s’est arrêté de parler rien qu’à l’idée»
"Ho Martin, c’est toi kadi ?
"Ho Paul, c’est toi kadi ?
Chacun de dire : cénoukonadi ????? Incroyable ! Répétons pour voir
Et tous deux de dire en choeur, « Mais pas du tout, on ne peut pas se passer de beurre salé, c’est une idée saugrenue, qu’on n’a jamais vue. D’ailleurs qui pourrait se passer de bon beurre salé, breton qui plus est ! Surtout pas nous ! »
Et de stopper net tout discours pour ajouter horrifiés "Mais alors, comment va-t-on faire ?"
Inspirés peut-être par le Bon Saint Eloi ou par Saint Guénolé, pourquoi pas, les deux garçons se postent raides-droits à l'image de deux horses-guards anglais. Puis ils inspirent longuement, ouvrent la bouche, et les yeux dans les yeux, ils haranguent les six trouble-fête de cette seule interrogation :
« Mais qu'est-ce qui vous prend de vous bloquer tous ainsi ? »
Frig'O, Rob'Inet, Boît'Happain, IPod'miel, Schok'Olatière et Beur'Rié répondent en choeur, dans une parfaite évidence
Vous avez oublié de nous dire "bonjour-s'il vous plaît" bande de benêts !
Les deux garçons n’en reviennent pas. En effet, bien sûr, of course, ils ont oubliés, ils se sont montrés plus benêts que benêts. Et même terriblement benôits*. Alors ils changent de formule et disent :
Bonjour Beur'Rié, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
bonjour Schok'olatière, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
bonjour IPod'miel, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
Bonjour Boît'Happain, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
Bonjour Rob'Inet, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
Bonjour Frig’O, s'il te plaît veux-tu bien, tout doux tout doux
A chaque fois Frig’o, Rob’Inet, Boît’Happen, Podemiel, Schock’olatière répondent et obéissent
"Bonjour les gars, vous vouliez,... Z’êtes servis !"
Et c’est vrai.
Les deux garçons rigolent. Ouf, ça va beaucoup mieux dans la cuisine.
Frig’o s’ouvre
Tout doux tout doux
Ils se servent du lait
tout doux tout doux
Le versent dans Schok’olatière
Tout doux tout doux
Ouvrent le robinet
tout doux tout doux
Remplissent Tyes’terday
tout doux tout doux
Plongent un sachet de thé
tout doux tout doux
Prennent un couteau
tout doux tout doux
Tranchent des tartines
tout doux tout doux
Etalent le bon beurre breton diamanté salé au bon goût guérandais
tout doux tout doux
et, Radio Bretagne branchée, tout doux tout doux
les gars, les filles merci pour tout,
ils déjeunent tranquilles.
Et vl'à l'bon bout (Lania et les enfants : Jeudi 26 avril 2007)
(ou Yeunn et Youenn
ou Loïc et Joël ou ….)
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