jeudi 29 octobre 2015

I - Kala, Kala, Il était une fois, "Laisse aller, laisser aller ont-ils dit tous les trois !"

Rendons à César ce qui est à César.
Pour écrire cette histoire, je me suis souvenu du conte dit par un conteur africain sur You Tube. Le vrai titre est

Coq, Bélier, Bouc et Souris.

Toué toué marimba toué toué
Toué toué marimba toué toué
Amasado amado do toué toué
Marimba toué toué

Ce chant, c'est BEBE qui le chante. BEBE est une cultivatrice gabonaise. bebe a cultivé les cacahuètes entre mars et avril.  Aujourd'hui jour d'octobre elle les ramasse. Chanter et un jour elle les ramasse. Chanter
Toué toué marimba toué toué
Toué toué marimba toué toué
Amasado amado do toué toué
Marimba toué toué
l'aide. Ce n'est pas facile de cueillir les cacahuètes et pour le moins, c'est fatigant. BEBE a le dos courbé et les jambes écartées. Chanter

Toué toué marimba toué toué
Toué toué marimba toué toué
Amasado amado do toué toué
                                                                 Marimba toué toué
aide le geste de BEBE. Elle a mis des sacs le long des rangées. Elle les remplit au fur et à mesure, en chantant. Chanter
Toué toué marimba toué toué
Toué toué marimba toué toué
Amasado amado do toué toué
                                                                 Marimba toué toué

aide BEBE à faire la cueillette des cacahuètes
La cueillette est finie. Il faut ramener les sacs à la maison aux murs en torchis. Sur le chemin du retour BEBE chante
Toué toué marimba toué toué
Toué toué marimba toué toué
Amasado amado do toué toué
                                                                 Marimba toué toué

BEBE fit plusieurs allers-retours, enfin, elle entrepose les sacs dans la hutte. Enfin elle prépare le repas du soir puis elle va se coucher Bebe avec Kouyayé son mari. et ce u'elle fait avec lui ne nous regarde plus, mais BEBE chante pour Kouyaye et je ne dirai pas quoi cette fois car je ne comprends pas les paroles. .....

Toute la journée elle l'a chanté tout en cueillant et en mettant dans les sacs de toile, les cacahuètes.©
L'histoire est vieille. La cultivatrice africaine ramène sac après sac sur son dos dans sa hutte.

.../...

mardi 15 septembre 2015

Lave, lavé, lavandières, lavoirs d'hier à voir : lavoirs.org, une mine nationale et régionale


 Celui-ci est en Bretagne du côté de Pont-Croix et actuellement très fleuri 
Celui-ci est à Caylus (82) et en cours de restauration... on peut devenir donateur.

Lavoir de Valence d'Agen

Pas forcément le plus beau mais à Lauzerte, village de mon père et de mon enfance. 
Il était au faubourg, en face du Foirail, et au moins les lavandières y étaient protégées des intempéries. Il y a là un petit escalier qui permettait d'y accéder directement en venant de la ville haute.  Il se trouve que je crois l'avoir vu en activité mais que je suis plus sûre encore d'avoir accompagné ma mère au lavoir de la ville haute, qui donnait côté ancienne gendarmerie ou actuelle mairie. Ambiance humide à prendre aux os et prétexte à glissade à éviter. Je n'étais pas rassurée lien pour participer à l'édition du beau livre Les jours et les nuits de Lauzerte

lundi 14 septembre 2015

Sacrée Patate merveilleuse ! Article lu dans le "Petit Bleu" du 14 septembre 2015

Extrait du journal "Le Petit Bleu" feuille de chou (pour rester auprès de la pomme de terre, et je précise, sans aucun jugement de contenu) des alentours de Dinan : 
"Un ouvrier agricole en retraite a récolté une énorme pomme de terre de 1,2 kg, dans son potager. « Je cultive mon jardin, pour le plaisir, je ne vends pas mes légumes. J'en fais cadeau à des amis, à ma famille, à mes infirmières qui viennent me prodiguer des soins à domicile tous les jours », a expliqué Patrick Aubry de Saint Juvat.
Et si tous ses légumes sont de cet ordre-là, il peut faire plaisir à beaucoup de monde... 
Du coup, 
Bonjour.  Merveilleuse patate.

Un conte russe existe qui conte l'histoire extraordinaire d'un jardinier grand-père, "diedouchka" comme on l'écrit en russe. En plein hiver il tire tire sur son navet mais Navet ne veut pas venir. Il n'arrive pas à arracher son dernier navet (permafrost aidant : terre extrêmement gelée). 
Il appelle sa femme grand-mère "Babouchka" comme on l'écrit en russe. Babouchka tire sur Diedouchka qui tire sur riebka (ça veut dire "navet" en russe) mais riebka ne veut pas venir.
Alors Diedouchka appelle Babouchka qui appelle sa fille, Dievouchka (ça veut dire fille en russe), qui appelle son sin (ça veut dire "fils" en russe) et ainsi de suite jusqu'au sabaka (ça veut dire chien en russe) qui appelle kot (ça veut dire chat en russe). 
Comment faire ? Kak dielaiét ? (c'est, peut-être, la traduction de "comment faire" en russe)
"Comme ça !" dit la petite souris. "Tak" Skazala mouichki. (c'est peut-être comme ça qu'on traduit en russe). Passant par là elle tire sur la queue du chat et oh la la tout le monde est tombé par terre. Ils se sont tous relevés. Le navet était sorti de la terre.
Il était É-NAÛRME.
Ils ont tous aidé à le peler, à le cuire et à le manger. Quelle bonne soupe au navet.
Et, ainsi naissent les légendes, il y a eu la pomme de terre E-NAÛRME de Patrick de Saint-Juvat.
il voulait la déterrer.
Alors Patrick appelle sa femme Eulalie. Elle a tiré sur la pomme de terre, mais la pomme de terre ne veut pas venir ; 
alors Patrick appelle Anne sa fille, et elle tire sur sa mère, qui tire sur son père, qui tire sur la pomme de terre qui ne veut pas venir.
Et vous avez compris. Fils Yann, oncle Goulven, tante Gwenn, jusqu'aux chiens et chats et pomme de terre... bla bla bla pomme de terre ne veut toujours pas venir. 
Comment faire ?
"Comme ça" a dit le petit hérisson qui a tiré sur la queue du chat. Tout le monde est tombé par terre, le chien, le neveu, la nièce, l'oncle, la tante, le fils, la fille, la mère Eulalie et le père Patrick.
Tous ensemble ils ont porté la pomme de terre phénoménale et ils l'ont faite cuire en son meilleur, puis ils l'ont monté en purée avec autant de beurre salé Diebor que possible puis ils l'ont tous goûté : quelle saveur, un vrai délice dont on se souvient encore aujourd'hui. la preuve : la conteuse l'écrit aujourd'hui.
Kenavo, Chévélé, adiciats.
Pour votre plaisir, séance de contes ciblée Pomme de Terre "Coquine Patate a la frite et vous l'entendez" C'est la conteuse qui la dit. Rires, chanson, émotions à travers une pérégrinations de Pérou en pays Lissou par île de Chiloé, Allemagne, Irlande.... jusqu'à NewYork
Quelques numéros pour la joindre à propos de l'organisation et du tarif 
00 84 51 39 92
ou lcomlania@gmail.com


 

lundi 22 juillet 2013

Histoire Zen : le maître de Kendo


Le Maître de Kendo

21 juillet 2013, 14:31
Un Maître de Kendo accueillit un jour un nouvel élève tout enthousiaste et frétillant à l'idée d'être enseigné. 

Le maître le salua et lui demanda d'aller chercher de l'eau à la rivière et du bois dans la forêt.
L'élève ne s'attendait pas du tout à cet ordre. Cependant sans dire mot, il obéit au maitre et il  s'exécuta. 
Non seulement il s'exécuta ce jour, mais il s'exécuta aussi le lendemain, et encore le surlendemain, la semaine en entier, le mois, le trimestre. L'élève s'exécuta jusqu'au bout de l'année troisième. 
Soit trois années durant. Au bout de la troisième année l'élève se mit en colère. Il déclara qu'il était venu pour apprendre le kendo, que non seulement il n'avait rien appris mais que et qui plus est, il n'était même  pas encore entré dans la salle d'apprentissage, alors il allait partir. 
"Reste et suis-moi " déclara le Maître en lui ouvrant la haute porte des lieux. 
L'élève s'emballa, il souriait, enfin, enfin il allait apprendre;
Le maître lui demanda 
"Vois-tu les tatamis ?" avant même que l'élève ne hochat la tête pour abonder dans le sens de la question sans attendre la réponse de l'élève il poursuivit en disant "fais le tour de la salle en marchant uniquement sur le bord gansé du tatamis et ce sans jamais mettre un pied au sol"
L'élève commença, à faire le tour de la salle sur le bord des tamis, sans toucher pied à terre. Il fit ainsi tout le jour, il fit ainsi le lendemain et le surlendemain aussi, la semaine, le mois, l'année et il se mit en colère. Il déclara au Maître
"Maitre je suis venu pour apprendre, je n'ai encore rien appris, je m'en vais" 
Et il tournait le dos quand le maître lui dit 
"Suis-moi" l'élève suivit le maître.
Le Maître prit le chemin qui menait vers la montagne. L'élève suivit le Maître. Bientôt le chemin les obligea à grimper le long de la montagne. Ils grimpèrent, grimpèrent encore, enfin le maître s'arrêta. Au bord d'un précipice. Du jamais vu. Une profondeur inouï. Et une largeur inimaginable comme celle du tronc qui reliait entre elles les deux rives. Un tronc au-dessus d'un ravin aussi fantastiquement profond. "Le maître ne  va tout de même pas me demander de traverser" pensa l'élève.
Au même moment le maître déclara 
"Traverse" 
Les jambes de l'élève se mirent à trembler, son coeur à s'emballer, le vertige à s'emparer de lui. L'élève était effrayé, il avait peur, il avait la peur au ventre.  C'est dans ces conditions qu'il perçut un petit bruit répétitif, une alternance, une sorte de rythme, qui lui fit lever la tête et découvrir, émergeant du sentier qu'ils avaient suivis, un homme qui marchait à trois temps pour l'aide d'un bâton qu'il tenait de la main droite et qui tâtonnait sous l'impulsion de son bras. Ce qui parut incroyable à l'élève c'est qu'il ne faisait aucun doute que l'homme était aveugle et que, c'était visible, il s'apprêtait à traverser le ravin en suivant le tronc. Il en prenait la direction.
Sous les yeux des deux hommes le nouveau venu posa un pied sur le tronc d'arbre puis deux puis il se mit à cheminer et s'il s'arrêta un instant au milieu du ravin, bâton à l'horizontale comme s'il était un funambule, à donner la chair de poule à l'un des spectateurs, il parvint de l'autre côté de la rive. Alors.
Alors l'élève posa un pied sur le tronc d'arbre. 
Puis deux.
©lania




lundi 15 juillet 2013

"Jean qui ne riait jamais" Conte espagnol dédié à Bernard, l'homme sur le doigt duquel se posa une mésange

C'est un conte d'origine espagnole que j'ai lu il y a très très longtemps. Où l'ai-je lu ? Je ne m'en souviens plus, mais comme dans l'histoire juive, il me reste toujours la possibilité de raconter l'histoire, à ma façon.
Once upon a time
Erase una vez
Il était une fois
Un enfant naquit dans un village.
Son père et sa mère étaient heureux et fiers. Rendez-vous compte, un garçon, du premier coup. En ce temps-là, c'était un vrai bonheur. Ils l'appelèrent Bernardo et ils laissèrent la porte ouverte à tous ceux, voisins voisines, qui auraient souhaité admirer l'enfant, et au passage, les féliciter.
Pour les féliciter ils les félicitèrent mais pour admirer l'enfant, s'ils l'admirèrent, ils n'en témoignèrent rien.
Sinon auprès des autres voisins qu'ils croisèrent
"Vous avez vu l'enfant ?"
"Il ne sourit pas, c'est étrange !"
Et l'écho ramena les propos au père et à la mère. Que dire, c'était si vrai, Bernardo ne riait jamais. Il restait sérieux. Il était peut-être sérieux : ça existe les gens sérieux, "lo sabes, esposa mia, no te préoccupas"
Chacun essayait de réconforter l'autre.
Bien sûr qu'il y eut El Flaco, el vécino. Quand il entra, il déclara d'une voix forte
"Olà ! Je vais le faire rire moi, vous allez voir !"
Mais il eut beau faire toutes les pitreries qu'il voulut faire devant l'enfant, El Flaco, l'enfant ne manifesta "ni una sonrisa"
Bien sûr qu'elle vint, "ella quien se llamaba La Gorda, la vecina" Bien sûr qu'elle déclara en soulevant tous ses jupons brodés et dentellés "Olà ! vous allez voir comme je vais le faire rire moi,"La Gorda", el pequegnito" Mais elle eut beau faire toutes les grimaces et pitreries qu'elle trouva, La Gorda, l'enfant ne manifesta "ni una sonrisa !"
Ils ne furent pas les seuls. "Por fin" un beau jour, la mère décida que son fils était né tel qu'il était né et qu'il serait accepté tel qu'elle l'acceptait. Tout le monde accepta Bernardo tel qu'il était, sauf peut-être.... lui-même.

Qui pouvait savoir ce qu'il pensait. Bernardo qui ne souriait jamais parlait peu. Mais il pensait beaucoup.

Trois ans, sept ans, quinze ans passèrent. Un beau matin Bernardo entra dans la cuisine. Plongée dans l'obscurité elle se protégeait du soleil grâce aux lourds volets de chêne fermés en "V". La mère préparait avec amour une exceptionnelle paëlla au poulet. Le lieu sentait bon l'ail, l'oignon, l'huile d'olive et le poivron. La mère sourit à son fils. Certes, Bernardo n'y répondit pas. Certes l'expression de son visage était toujours ombrageuse. Mais une fois de plus elle ne se retint d'admirer celui auquel elle avait donné le jour. Comme il était devenu beau. Sa silhouette élancée se découpait sur le jeu de lumière que le rideau de toile, sensé empêcher les mouches d'entrer dans le lieu, suggérait sur le sol. Elle sut immédiatement qu'il allait dire une chose importante. Laquelle, elle n'en avait nulle idée. Elle tendit l'oreille.
"Madre, tengo que irme !" "Mère je dois partir !" Si elle lui avait demandé pourquoi il n'aurait su répondre.
Définitive certitude. Les cinq mots tombèrent sans autre commentaire. Bernardo ne changerait pas de décision. Pourquoi l'en aurait-elle empêchée ? La silhouette du père apparut derrière le rideau de toile. Quand il releva ce dernier d'une main fatiguée par le travail du matin, Bernardo déclara
"Padre, tengo que irme !" "Père je dois partir !" S'il lui avait demandé pourquoi, il n'aurait su répondre.

En silence, la Mère tendit la main. En silence, la mère déposa dans la besace un pedazo de queso blanco, una botella de agua, una cuvierta. Dedans elle glissa un morceau de fromage, une bouteille d'eau, une couverture puis elle la tendit à Bernardo.
Un abrazo
Dos abrazo
La mère et le père, silencieux, celui-ci la main droite posée sur l'épaule de la mère, regardèrent la silhouette de leur fils aimé, diminuer jusqu'à disparaître à l'horizon, là où terre et ciel s'embrasent parfois.

On dit "Marche que je marche c'est en marchant que l'on fait son chemin" Bernardo marcha
Un jour, ou plutôt un soir, al amanecer, au bout d'une journée où il avait beaucoup marché, Bernardo entendit pleurer. Il releva la tête. Assis au pied d'un rocher un vieil homme pleurait. Bernardo s'approcha
Que tal ? Porque llores ?
Le vieil homme releva la tête. Il répondit que c'était parce qu'il n'avait pas mangé depuis longtemps et qu'il avait faim.
Bernardo plongea la main dans sa besace et lui donna du queso blanco, du fromage. 
"Reste" répliqua le vieil homme en le remerciant. Mais Bernardo le salua et reprit son chemin

"Marche que je marche" dit-on, "c'est en marchant que l'on fait son chemin" Bernardo poursuivit le sien.
C'est alors qu'un jour, ou plutôt un soir, al amanecer, au bout d'une journée où il avait beaucoup marché, Bernardo entendit pleurer.  Il releva la tête. Il découvrit un homme, assis au pied d'un rocher et qui pleurait. Bernardo s'arrêta
Que tal viejito ? Porque llores ?
Le vieil homme releva la tête et déclara qu'il pleurait parce qu'il avait soif.
Bernardo plongea la main dans sa besace et en retira la bouteille d'eau.
Le vieil homme le remercia et lui demanda de rester. Bernardo refusa. Il salua le vieil homme et reprit son chemin.

Ne dit-on pas "Marche que je marche, c'est en marchant que je fais mon chemin" Bernardo marcha et c'est ainsi qu'un jour, ou plutôt un soir, al amanecer, il entendit pleurer. Il releva la tête. N'était-ce pas le même rocher, n'était-ce pas le même vieil homme. En tout cas il pleurait. Bernardo s'approcha et demanda
Que tal viejito ? Porque llores ?
le vieil homme répondit qu'il pleurait parce qu'il avait froid. Alors Bernardo plongea sa longue main dans la besace et en retira une longue couverture de laine qu'il tendit à l'homme qui s'en revêtit et s'installa si bien qu'il invita Bernardo à se reposer auprès de lui : "Nous parlerons" 
Pourquoi Bernardo accepta-t-il ? Lui-même n'aurait su l'expliquer. Mais pour ce qui est de parler, c'est le vieil homme qui le fit. Il raconta qu'il était triste, triste à pleurer non pas parce qu'il avait faim ou soif ou froid mais surtout parce qu'il avait perdu l'oiseau auquel il tenait tant. Son oiseau. Il hoqueta de nouveau et ses épaules frissonnèrent; Bernardo rétablit la couverture sur ses épaules.
Le vieil homme déclara que l'oiseau était sur la dernière branche du dernier arbre qui était là haut sur la montagne et en disant ces mots, il montra l'arbre, d'un bras tendu.
Bernardo regada dans la direction désignée. Il vit un arbre se découper dans le vide sur le dernier bleu de ciel qui allait être avalé par la nuit. Il déclara qu'il avait sommeil. S'allongea et s'endormit. Le vieil homme à ses côtés souriait entre deux sanglots.

Un clocher tintinnabulant s'exprima de la vallée. Il réveilla Bernardo. Le vieil homme dormait profondément à ses côtés. Bernardo s'extirpa de la couverture sans faire aucun bruit puis il prit le chemin de la montagne. Quel beau spectacle. Il vit le jour se lever.  Le soleil dérouler peu à peu ses longs doigts, le chemin se rétrécir, dangereusement, l'arbre à même le vide. Et il entendit le chant clair de l'oiseau. Sans réfléchir Bernardo grimpa le long du tronc, d'une branche à l'autre, jusqu'à la dernière, sur laquelle il rampa. Elle allait casser, c'était sûr, mais du moins aurait-il essayé ? L'oiseau était là, tous deux face à face,  allez l'oiseau dépêche-toi, je suis venu pur ton ami, el viejito, allez l'oiseau viens...
Bernardo n'en revenait pas, l'oiseau s'était installé dans sa main, alors il sut qu'il était temps de reculer, de sauter doucement d'une branche à l'ordre, de la dernière sur le sol, l'oiseau recouvert de sa deuxième main. D'un bon pas souple, Bernardo descendait, les mains plates autant que ses mouvements le lui permettaient. L'oiseau allait d'un doigt à l'autre, d'une main à l'autre, parfois sur un doigt il s'arrêtait, coquin, on aurait dit qu'il pavanait, prenait plaisir à attirer l'attention de Bernardo. Enfin Bernardo prit la direction du rocher, d'un pas léger, léger dont il n'avait pas conscience;
Le vieil homme était réveillé. Il refusa de prendre l'oiseau. Il riait. Il déclara : "Désormais cet oiseau est ton oiseau Bernardo, regarde comme tu ris aujourd'hui"
Le vieil homme lui tendit un miroir, sorti d'on ne sait où. Bernardo découvrit le visage d'un jeune homme tout sourire.
"Muchas gracias Viejito, muchas gracias"
Les mots se perdirent autour du rocher. Le vieil homme avait disparu.

L'oiseau au bout des doigts, Bernardo reprit son chemin à l'envers. Dans un village qu'il traversa il s'arrêta chez un oiseleur. Et il acheta une belle et grande cage. D'un bon pas il poursuivit sa route.
Sa mère se retrouva muette du plaisir à revoir son fils. Son père lui apprit qu'ils leur avait acheté une petite maison là-bas tout au bout du village. Ils s'y rendirent tous les trois. Sourires aux lèvres et silencieux. L'oiseau chantait dans sa cage. 
Quelques jours plus tard sur la porte de la maison apparut une plaque qui disait
"Vous avez de la peine ? 
Entrez chez Bernardo !"

Il faut donner du temps au temps. Personne n'y a cru. Et pourtant. 
Au début, ils vinrent timidement. En cachette. Tôt le matin; Tard le soir. 
Aujourd'hui ils frappent à la porte. Quand Bernardo ouvre, ils disent "C'est pour écouter l'oiseau" Bernardo sourit "Il est là, entrez, si vous le voulez bien !" 
Et il rit Bernardo quand il remarque que ceux qui entrent chez lui ressortent en arborant le même sourire que celui qu'il porte à ses lèvres. A chaque fois il pense à la montagne, au rocher et au Viejito.

Oui, ce conte est FINI. 
C'est Souris qui l'a dit. 
C'est moi qui l'ai écrit.

vendredi 11 mars 2011

Le tigre et l'intelligence ou Quand les parents acceptent les idées de leur enfant

Il était une fois, il n'était pas
il y avait, il n'y avait pas
Quand j'y pense,
quand j'y pense
quand j'y pense
aujourd'hui,
guerre en direct, tsunami en hélicoptère, Japon dans la souffrance
quand j'y pense,
quand j'y pense mon coeur s'allonge
comme une éponge
que l'on glisse dans un gouffre
où l'on souffre tant de tourments
que quand j'y pense
je préfère vous raconter ce qui, il y a fort longtemps, s'est déroulé dans un pré vietnamien.

Ce jour-là, il y avait, un chemin de terre, quelques rizières et bientôt un pré. Du vert tout partout, une forêt tout au bout, et au beau milieu du vert tout partout, un arbre, un buffle et un enfant. L'enfant est vêtu d'une  chemise blanche légère et d'un short bleu. Il s'appuie du dos sur le tronc d'arbre. Il s'essaie à jouer du Dan Moi. Un instrument de musique


 tout pareillement identique au mien. En France on appelle cet instrument une guimbarde. 
Et rien à voir avec une vieille voiture dont on ferait vibrer les pare chocs devant nos dents. 

Le buffle se nourrit. Voyez comme il arrache l'herbe du pré, tendez-l'oreille. Wouash wouash wouash tschittt  t tschi tt tschitt l'herbe gémit. Le buffle se régale. 

L'enfant n'a pas peur. Pourtant c'est imposant un buffle. Un buffle ça fait peur. Quiconque craindrait un buffle. L'enfant n'a pas peur. Parce qu'il a eu l'idée. Avant l'idée, l'enfant ne menait pas le buffle au champ. Avant l'idée, ce n'était pas facile de mener le buffle au champ. Avant l'idée, on attachait la corde à l'une des cornes du buffle et on le menait au pré. Avec difficulté. Car ainsi mené à l'une des cornes, le buffle avançait comme il voulait. A droite, à gauche et celui qui le menait s'épuisait à la tâche pour le ramener dans le droit chemin. 

Un jour, l'enfant voulut mener le buffle au pré. Ses parents lui répondirent qu'il était trop petit, qu'il lui fallait encore grandir, bref ce n'était pas encore demain la veille qu'il mènerait le buffle au pré !
L'enfant avait pensé
"Comment ça je ne ménerai pas le buffle au pré ? 
Comment ça il me faut grandir ?" 
A force de penser il avait fini par trouver une idée. Il l'a confiée à ses parents. Qui l'ont trouvée très intéressante et même mieux : ils l'ont trouvée "intelligente". Ils étaient très fiers de leur fils. En glignant de l'oeil de l'un à l'autre sourire aux lèvres ils avaient pensé
"Il en a dans la cabosse notre fiston, on va l'essayer son idée !" 
Ils l'avaient si bien essayée l'idée qu'ils n'avaient plus jamais mené le buffle au champ. C'est leur enfant qui dès lors le firent. C'était si simple. Pourquoi n'y avaient-ils pas pensé plus tôt. Mais bien sûr qu'il fallait mettre un anneau dans les narines du buffle. Mais bien sûr qu'il fallait nouer une corde dans l'anneau du nez du buffle. Mais bien sûr qu'il suffisait de tirer sur la corde. Quant au buffle, lui-même semblait se plaire à porter ce bijou. Il ne rechignait plus du tout à se faire mener par le bout du nez, même par un enfant.
 

Un jour, l'enfant mena le buffle au pré. Comme les autres jours. Mais ce jour-là, dans la forêt, un tigre énorme autant que somptueux cherchait sa nourriture. Soudain il sortit de la forêt, tout doré comme était tout tigre en ce temps là, sans une seule de ces rayures que nous lui connaissons aujourd'hui. Un tigre de toute beauté.


Et que vit-il ?
Un buffle, surveillé, par un enfant ! Par un enfant ! On n'avait jamais vu ça. Un buffle surveillé par un enfant, c'était hilarant. Tigre ne retint pas son rire. Buffle tourna la tête.
"C'est toi qui rit Tigre, pourquoi ris-tu ?"  Tigre s'approcha et répondit 
"Qui veux-tu que ce soit, et comment ne pas rire quand je te vois obéir à un enfant ? Les buffles ne seraient donc plus les animaux féroces d'antan ! "
"Chut" dit le Buffle "Parle plus doucement, mon ami ; apprends plutôt à jouer du Dan Moi. Inutile de le déranger"
Le tigre répond "Mais je rêve, que dis-tu Buffle, répète un peu ? Tu pourrais en profiter pour t'évader pendant qu'il joue sans te regarder !"
Le Buffle répond
"oh la la m'évader, tu n'y penses pas, cet enfant a une arme redoutable. Il me rattraperait."
"Ah ah ah ah hi hi hi, le tigre se fend de rire,  je voudrais bien savoir quel arme redoutable peut avoir cet enfant aux bras et aux jambes aussi frêles, ah ah ah !" 
"Approche Tigre, tu vas le savoir" Et le buffle murmure deux mots à l'oreille du somptueux animal. Qui répète abasourdi :
"Son intelligence ? Kézako l'intelligence ? Tu as vu son inteligence Buffle ? Mais moi je ne veux pas la voir, je veux qu'il me la prête. Tois qui le connaît, qui le fréquente, dis-lui que je veux qu'il me prête son intelligence !"
"Et bien demande-la lui toi-même, si tu n'as pas peur , moi je préfère manger!" 
et wouash wouash wouash et  tschittt t tschi tt tschitt l'herbe gémit sous les dents du buffle qui se régale.  On dirait qu'il sourit.

Assis sur le tronc de l'arbre, en plein milieu du champ tout ver,t l'enfant s'essaie à son Dan Moi.  Soudain un bruit lui fait lever les yeux. Appuyé qu'il est sur le tronc, il ne peut plus reculer, ce n'est pourtant pas l'envie qui lui manque de le faire, à la vue du grand fauve qui s'est approché de lui.

"Bonjour Enfant" dit le Tigre, Buffle m'a dit que tu possédais une arme redoutable. Montre-la moi"
L'enfant s'étonne sans faire un mouvement 
"Ah bon, Buffle t'as dit ça ? Et il t'a dit de quelle arme il s'agissait, parce que tu sais nous les hommes nous avons plusieurs armes ?"
"Il a parlé de ton intelligence. Je veux la voir. Montre-la moi ?"
"C'est impossible !"
"Pourquoi donc ?"
"Parce que mon intelligence est chez moi, je ne prends pas toujours cette arme avec moi. Quoique"  En disant ces mots l'Enfant jette un oeil rapide à son Buffle qui déguste son repas"
Le Tigre se rapproche. Il est si proche que son haleine réchauffe le visage de l'enfant. 

"Ok, d'accord" dit l'Enfant cherchant une issue,  "je vais aller la  chercher mon intelligence, mais avant il faut que tu me laisses faire quelque chose"
"Quoi ?"
"Il faut que tu me laisses t'attacher à mon arbre" et l'enfant se détache du tronc de l'arbre sur lequel il s'appuyait.
"Pourquoi ça ?"
"Parce que je te connais, je n'aurai pas fait un pas pour aller chez moi que tu sauterais déjà sur mon Buffle pour le dévorer !"
"Mais non mais non"
Tigre serait prêt à dire n'importe quoi tant il veut voir l'arme du jeune enfant. Celui-ci se montre prudent.
"Je ne te crois pas. Allez, laisse-toi faire, laisse-moi t'attacher" Et il insiste 
"Tu la veux mon arme ou tu ne la veux pas ?"
Tigre voulait l'arme. Tigre s'est appuyé sur l'arbre et l'enfant a fait plusieurs fois le tour de l'arbre avec la corde de Buffle. Pour finir il a fait un, deux, trois, plusieurs noeuds et enfin il a questionné Tigre. 
"Alors tu veux toujours la voir mon arme ?"
"Oui, plus que jamais !" répond le fauve
"OK, je te la montre, regarde bien !"
L'enfant se pencha et ramassa un long et gros bout de bois. Et tout aussitôt il l'abattit sur le dos du Tigre. Qui se mit à produire un rugissement si terrifiant que toute la forêt en était secouée par l'envol des oiseaux qui s'y tenaient à l'abri.  
"Aïe, ça va pas,  petit, qu'est-ce que tu fais, tu me fais mal !"
"Tu voulais voir mon intelligence, tu la vois ? Et même, tu la sens passer. Et oui, mon intelligence, c'est mon arme à moi. Parce que je suis un humain, un futur homme. Les hommes ont pour arme leur intelligence, ami Tigre, sache-le !"  L'enfant bat très fort le Tigre avec son gourdin.
"Arrête, j'en ai assez, j'ai compris ! arrête ! Arrête ça sent le brûlé, arrête je brûle, pourquoi je brûle ? "
A force d'essayer d'échapper au bâton, au gourdin, la corde entame, échauffe le poil de Tigre qui se débat toujours. Voilà pourquoi ça sent le brûlé. Buffle se tord de rire. 
"Arrête de rire Buffle" dit Tigre "sinon je te dévore !"
-Entre nous ce serait bien la première fois.
Tigre et Buffle ne font pas bon ménage,
au détriment du Tigre, je crois-
"Faudrait peut-être, Tigre, que tu m'attrapes avant !"
Ah ah ah ah ah  Buffle rit rit rit et sa tête monte descend monte descend monte et il se tape le ventre de rire. Il hurle de rire .
Soudain il ne rit plus. Car il vient de heurter le sol avec ses mâchoires. Ding ding ding ding ding dong toutes ses dents tombent au sol. Buffle a le sourire tout penaud. Il tourne une tête dépitée vers l'enfant.
"Je regarderai après" dit l'enfant "Partons maintenant sinon je ne donne pas chair de nos peaux si Tigre nous rattrapait.

C'est ainsi que ce jour-là l'Enfant et le Buffle quittèrent le pré. Ils rejoignirent le village. 
L'Enfant, fort content d'avoir été plus fort que Tigre.
Buffle, râlant, mécontent d'avoir désormais une mâchoire inférieure sans dent.
"Tu n'avais qu'à pas te moquer de lui" a dit l'enfant.
Dans le pré, la corde a fini par se rompre, libérant Tigre qui n'avait plus qu'une seule idée : se venger.   Il regarda les fuyards avec l'intention de les poursuivre quand il se rappela l'arme infaillible de l'Enfant. Comment s'appelait-elle déjà ? Ah oui, l'intelligence. Sans plus demander son reste Tigre disparut dans la forêt, sans tambour ni trompette.
Tout de même mécontent que son beau pelage jaune soit décoré à jamais d'horribles rayures noires.
D'horribles rayures noires ? Pas si sûr.
Une p'tite souris était là.
Elle a traversé le pré en disant
 Chicoti chicota c'est fini, c'est fini, et quand j'y pense, aujourd'hui, moi je l'écris. 
OUI, LE CONTE EST FINI.

http://gobangalorebymatt.blogspot.com/ pour découvrir d'autres photos de Matthieu,
je ne suis jamais allée dans ce pays.

jeudi 10 mars 2011

Administration Serveur vocal : mieux vaut y aller à pied. J'adore.

L'action n'est pas urgente. Elle est nécessaire. Depuis 1994. L'enfant est devenu adulte. L'erreur commise sur son acte de naissance est à rectifier.
Il se rend à la mairie. On le renvoit au Tribunal.
"Aucune rectification ne peut être faite sans une action du TGI -Tribunal de Grande Instance- Ecrivez-leur"
Il écrit. Le jour même. La réponse se fait attendre.
L'adulte est patient. .
Deux mois plus tard, limite atteinte.  Tribunal. Téléphone.
"Je vous passe le service !"
Mais du standart au bureau tilt tilt tilt tilt ou plutôt, si peu pas tilt que Téléphone. Tribunal. 
"Le bureau que vous m'avez passé ne décroche pas !"
"C'est évident, la collègue est en communication. Appelez plutôt le XY ZZ LL WW 44 "*
Connexion. Vérification. Réponse.
"Nous avons adressé un courrier à la mairie Monsieur. Il autorise le service Etat Civil à faire la rectification  Joignez-le pour savoir i la rectification a été faite. Le certificat devrait av oir été rectifié"
Stupéfaction.
"Mais si je n'avais pas appelé aujourd'hui comment l'aurais-je su ?" 
"Pas par nous Monsieur. Ni par la Mairie. Par vous-même. C'est vous qui deviez chercher. Et vous l'avez fait. Vous avez bien fait. Rires. Au revoir Monsieur !"
Bon ben vaut mieux en rire.
Monsieur est en RTT : Il prend le temps. Téléphone. Standart Mairie. **
"Je vous passe le service, faites le 2 sur votre répondeur"
Déstabilisation "Le 2, sur mon répondeur ?" Il fait le 2. -a-t-il bien entendu, le standardiste a l'air si pressé de s'en aller- Au bout de trois secondes "estomaquation"
"Votre appel n'a pas été transféré, vous allez être transféré, ne quittez pas,
Votre appel n'a pas été transféré, vous allez être transféré, ne quittez pas,
Votre appel n'a pas été transféré, vous allez être transféré, ne quittez pas...."
Après la randonnée, la comptine. Plutôt assassine, comme titre Pierre Dubois le célèbre conteur-artiste-écrivain...
Si assassine qu'il rappelle le standard
"Vous n'avez pas dû faire le 0, faites le 0
Il voulait faire un test en institut. Plus besoin de se déplacer. Le diagnostic est fait : il est atteint de surdité.
Il ne perd pas espoir. Il rappelle.
Enfin il a le service........ vocal. Il faut qu'il se déplace.
Soit,
qu'il randonne pour de vrai.
Il y avait, il n'y avait pas.... c'est presque vrai. C'est vrai.


* ou l'art de s'amuser avec de faux chiffres
**-de là-bas d'ici ou d'ailleurs, peu importe [ou, plus moderne, sortons du siècle dernier, s'il vous plaît, on s'en fout]
et être accompagné, on se sent moins seul. Bonne journée