lundi 30 novembre 2009

Il embraya ....

C'est derrière le miroir aux alouettes qu'il eut l'idée. Il décida d'être vache. Alors il prit le taureau par les cornes et sans passer du coq à l'âne il se prépara à jouer au coq en pâte, un tour de cochon. Ce n'est pas facile. Il fait plusieurs tentatives, à en avoir la chair de poule. Il s'obstine. A ce niveau, mieux vaut ne pas tuer la poule aux oeufs d'or. D'autant plus qu'il ne se destine pas à être le dindon de la face. Dans un regain d'optismisme, il se fait gai comme un pinson mais sifflant comme un merle. Oh oh oh, ce n'est tout de même pas au vieil hibou qu'il est qu'on posera un lapin. A quoi servirait-il d'être chouette. Alors prudence, la décision s'impose à lui illico presto : il lèvera un lièvre plus que deux à la fois. Bien sûr ses amis mangeraient comme un moineau, mais chaleur aidant ça suffirait amplement. Rusé comme un renard, il pénétra dans la voiture pie et d'un seul pigeon vole, il embraya sur le vif du sujet.

mercredi 21 octobre 2009

Histoire noire de Tak et Taki

C’est une vieille histoire qui s’est déroulée au moment où viennent les champignons,

où tournent au roux les feuilles,

où se rassemblent les hirondelles.

C'était en automne. L'instant est fabuleux. Il devient effroyable.

Tak et Taki sont deux petites souris,
Deux sœurs. Un frère et sa soeur. Deux amies. Deux amis. Personne ne sait. Rien n’a jamais été précis.
Disons que Tak et Taki sont deux petites souris l’une Tak plus grande que l’autre… Taki

Ce qui est c’est qu'un matin d'automne Taki demande à Tak "Te voilà bien chapeauté Tak et même bien empanier, où t'en vas-tu ?"

"Tu vas aux châtaignes ?" répond Taki bien étonné, "J’y vais aussi, je t’y suis"

Et c'est ainsi que deux petites souris ensemble sont sorties.

A la châtaigneraie les bogues sont grosses. Il suffit de les pousser du pied pour qu'elles s'ouvrent en laissant passer de belles châtaignes bien gonflées, bien luisantes, bien belles.
Tak dit «A moi les jolies châtaignes" et elle en cueille »
Taki dit « A moi les jolies châtaignes" et elle en cueille aussi.
Pleins sacs emplis, voilà châtaignes cueillies

Pleins sacs chargés sur le dos des souris, voilà Tak et Taki parties.
A la maison Tak dit « A moi d'éplucher les jolies châtaignes !" et elle épluche
Taki dit «A moi d'éplucher les jolies châtaignes !" et elle les épluche aussi »

Pleines vasques emplies voilà châtaignes épluchées
Pleine casserole d’eau remplie Tak dit « je les cuit »
Pleine casserole d’eau emplie Taki dit « je les cuit aussi »

Et bouille que bouille, l’eau de l’une et l’eau de l’autre bouillent à gros bouillons et châtaignes bouillies bouillent.

Tak vérifie. Au-dessus de la casserole elle se penche. Malheur la voilà tombée dans l’eau qui bouille ! La voilà bouillie.

Tak flotte au-dessus de l'eau. "Oh quelle horreur, oh quelle horreur !" pense Taki Tak est morte il faut que je me mette à hurler-pleurer. Et elle se met à hurler pleurer fort si fort que Tabouret questionne

"Hola hola Tak Qu’est-ce qui t’arrive pourquoi tu hurles si fort ?"

Oun ouin ouin répond Tak qui pleure
« Tak est tombée dans l’eau bouillie qui bouille, Tak est morte alors je pleure »



Aussitôt Tabouret déclare « Oh quelle horreur, oh quel malheur, puisque c’est ainsi moi je saute » Et baoung baoung Tabouret fait ce qu'il dit : il se met à sauter fort si fort que Balai questionne


Hola hola Tabouret qu’est-ce qui t’arrives pourquoi tu hurles si fort ?

• Comment Balai, tu ne connais pas la nouvelle
• Quelle nouvelle ? demande Balai

• Tak est morte dans l’eau bouillie qui bouille, alors moi Letabouret je hurle !

Ni une ni deux, Balai répond « Oh quelle horreur, oh quel malheur, puisque c’est ainsi moi je balaie ! » Et Balai balayant, la poussière monte de tous côtés Porte éternue At At chou ou ou ou oumHola hola Balai pourquoi tu poussières ainsi écoute comme j’éternue

• Pourquoi pourquoi, tu es bien bonne Porte, et pourquoi pas ? Tu n’ ne connais pas la nouvelle ?
• Non je ne connais pas la nouvelle, quelle est-elle ?
• Tak est tombée dans l’eau bouillie des châtaignes et bouille que bouille l’eau qui bouille la voilà morte bouillie
• Tabouret saute,
• alors moi je balaie !

Immédiatement, Porte répond « Oh quelle horreur, oh quel malheur, puisque c’est ainsi moi je claque ! » Et clac clac, quelle claque, clac clac clac, Porte claque fort si fort qu’elle dérange Fenêtre

Hola hola Porte pourquoi tu claques ainsi tu me perces les oreilles ?


• Pourquoi, pourquoi ? T’es bien bonne toi et pourquoi pas ? Tu ne connais pas la nouvelle
• Non je ne connais pas la nouvelle quelle est-elle ?
• Tak est tombée dans l’eau bouillie des châtaignes et bouille que bouille l’eau qui bouille la voilà morte bouillie
• Tabouret saute,
• Balai balaie
• Alors moi je claque

Sans tambour ni trompette, Fenêtre répond« Oh quelle horreur, oh quel malheur, puisque c’est ainsi moi je craque ! » Et craaaac craaaaaaaac que je craque, Fenêtre craaaaque si fort qu’elle importune Vieubanc de la Cour du Logis qui tranquille somnolait sous le grand noyer

Holà holà Fenêtre pourquoi craquer ainsi, à m’empêcher de cutouner* !

• Pourquoi, pourquoi ? T’es bien bon toi et pourquoi pas ? Tu ne connais pas la nouvelle
• Non je ne connais pas la nouvelle quelle est-elle ?
• Tak est tombée dans l’eau bouillie des châtaignes et bouille que bouille l’eau qui bouille la voilà morte bouillie
Tabouret saute,
Balai balaie
Porte claque
Alors moi je craque !

Manu militari Vieuxbanc de la Courdulogis répond « « Oh quelle horreur, oh quel malheur, puisque c’est ainsi moi je fais le tour de la cour du Logis ! » Et vriiiiii vroum vroum vriiiiiiiii tout autour de la cour du logis il fait si vite le tour du logis qu’il indispose GranNoyer.

Holà holà Vieubanc de la Courdulogis dit celui-ci, pourquoi faire le tour du logis à me donner le tournis !

• Pourquoi pourquoi tu es bien bon toi, tu ne connais pas la nouvelle
• Non, je ne connais pas la nouvelle, quelle est-elle ? (public)
• Tak est tombée dans l’eau bouillie des châtaignes et bouille que bouille l’eau qui bouille la voilà morte bouillie
Tabouret saute,
Balai balaie
Porte claque
Fenêtre craque
Alors moi je fais le tour de la cour du logis !

Sans hésiter un seul instant GranNoyer répond « Oh quelle horreur, oh quel malheur, puisque c’est ainsi moi je perds mes feuilles » Et feuuu feuuu feuuuuuu tombent les feuilles jusqu’au sol toutes et si bien qu’apparaît dans son nid Ptitoizo tout rikiki et pas content. Voilà qu’il dit !

Holà GranNoyer pourquoi te mettre à perdre autant tes feuilles que me voilà à découvert ?

Pourquoi pourquoi, t’es bien bon Ptitoizo, et pourquoi pas ? Tu n’connais pas la nouvelle ?
Non, j’ne connais pas la nouvelle, quelle est-elle ?
• Tak est tombée dans l’eau bouillie des châtaignes et bouille que bouille l’eau qui bouille la voilà morte bouillie
• Taki pleure
• Tabouret saute
• Balai balaie
• Porte claque
• Fenêtre craque
• Vieubanc fait le tour de la cour du logis
• Alors moi je perds mes feuilles

Aussitôt P’titoizo répond «« Oh quelle horreur, oh quel malheur, puisque c’est ainsi moi je perds mes plumes »
et vouf vouf vouf vouf une à une les plumes volent jusqu’à la dernière qui se pose doucement sur la tête d’une fillette qui ramène de la ferme deux pots de lait en fer blanc. Elle lève la tête vers P’titoizo

Holà Holà pourquoi perdre tes plumes P’titoizo jusqu’à me dépeigner ?

Pourquoi pourquoi, t’es bien mignonne fillette, mais pourquoi pas ! Tu n’connais pas la nouvelle ?
Non, j’ne connais pas la nouvelle quelle est-elle ?
• Tak est tombée dans l’eau bouillie des châtaignes et bouille que bouille l’eau qui bouille la voilà morte bouillie
• Taki pleure
• Tabouret saute
• Porte claque
• Fenêtre craque
• Vieubanc fait le tour de la cour du Logis
• GranNoyer perd ses feuilles
• Moi, je perds mes plumes

Sans attendre, la fillette répond «« Oh quelle horreur, oh quel malheur, puisque c’est ainsi moi je renverse mes deux sauts ! » et gicli gicla les deux seaux gicla gicli se renversent et se vident sur le sol qui boit boit jusqu’à plus soif. Sous les yeux mécontents de Vieilhomme qui tout en haut de l’échelle protège la meule de foin de l’orage.

Il tonitrue

« holà holà fillette pourquoi renverses-tu tes deux pots de lait, que diront tes parents ? »

• « Ils diront c’qu’ils diront » dit la chère enfant courageusement, « tu n’connais pas la nouvelle »
• Non, j’ne connais pas la nouvelle
• Tak est tombée dans les châtaignes et bouille que bouille l’eau qui bouille la voilà morte-bouillie
• Taki pleure
• Tabouret saute
• Porte claque
• Fenêtre craque
• Vieubanc court autour de la cour du Logis
• GranNoyer perd ses feuilles
• Ptitoizo pomme ses plumes
• Moi je renverse mes pots de lait en fer blanc !

Sans réfléchir Vieilhomme répond « « Oh quelle horreur, oh quel malheur, puisque c’est ainsi moi je glisse de mon échelle ! »

Aurait-il dû ou n’aurait-il pas dû ? Qui peut savoir ? Toujours est-il qu’il fait : il glisse.
Echelle heurtée, le voilà jambe cassée
qui se retient à l’enfant
qui s’appuye sur GranNoyer
qui chasse P’titoizo
qui effleure Vieubanc
qui bascule sur Fenêtre
qui bouscule Porte
qui frappe Balai
qui entraîne Tabouret
qui glisse sur Tak
qui touche le mur
qui s’écroule sur Taki que voilà bel et bien enterrée.
Ah la belle histoire d'octobre

De quoi mettre cafetières sur le feu et partager un chaud breuvage


*Faire un cutou, du côté d’Albi, c’est somnoler, faire la sieste : je crée donc le verbe cutounner inspiré du patois ou du languedocien. N'hésitez pas les enfants, créez des mots.

jeudi 2 juillet 2009

Le p'tit Manala - histoire gourmande et lorraine à ma façon

Ahhhhhh quelle horreur, le texte que je voulais illustrer de photo s'est éclipsé, hors c'était mon seul original !!!! Au secours.........
Je reviendrai déposer un version moins travaillée, plus oralisée. A bientôt
Sites sur lesquels j'ai emprunté quelques photos
pour la loutre : http://www.dinosoria.com/loutre.htm

mardi 30 juin 2009

Vent, vent oh la la quel vent !

Sur un balcon une fillette joue avec son poupon.
Le poupon perd son bras.
Pauvre poupon !
"Chic" se dit Lebras "à moi les voyages"
Et Lebras s'en va, Lebras
s'envole et le vent s'emmêle et hop là le mène mène, le tourne-mène, l'emporte sur la plus haute tour du Colombia.
Lebras admire l'enfant qui danse, bras tendus, sur le rebord de la fontaine.
Déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, tournemène-emporte Lebras sur la plus haute pointe de l'Hymalaya

Nez au frais, joues rosies, Lebras regarde le Gange, le célèbre fleuve indien. Il descend des neiges éternelles, saute de rocher en rocher et file, paisiblement, à travers les plaines pour s'unir à l'Océan
Déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, tournemène-emporte Lebras jusqu'au dernier étage de Miss Toureiffel

"Belle belle demoiselle joliment tête en l'air, donne-moi un baiser" dit Lebras. Miss Toureiffel rit et se penche et dépose un baiser de feu de fer sur la joue rosie de Lebras. "Merci merci" dit celui-ci en regardant le tout Paris, c'est beau ici.
Déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, tourne-mène-emporte Lebras s'en va loin très loin, plus loin, au-dessus, au-delà, dans le port de New York, sur la main de la statue de la Liberté

"Bonjour, petit français de Paris" dit la femme apaisée, "chatouille-moi s'il te plaît il y a longtemps que je n'ai pas ri" Bzizzzzzze, les chatouilles l'enchantent.
Déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, tourne-mène-emporte Lebras qui s'envole et atterrit sur les terrasses du Machu Pichu
"Ho ho, comme c'est haut ici" dit Lebras et il descend les escaliers.
Pachamama, la déesse de la Terre rit. Quel exploit.

Les rires jouent d'un roc à l'autre. Dans la vallée profonde ils se répercutent. Valse d'échos jamais éteinte.
Déjà le vent s'en mêle, hop là, mène mène, tourne-mène-emporte et Lebras s'envole et atterrit sur le bord des chutes du Niagara.
Quel bruit, quelle pluie, quelle humidité, quel mouvement,

Lebras essuie son visage pendant que le petit bateau tourne-danse-remue sur la mousse blanche.
Déjà le vent s'en mêle, le mène mène, le tournemène-emporte et Lebras
s'envole et atterrit sur le balcon de Lania


"Lania Lania mon poupon a perdu son bras !!!
"Qu'est-ce que tu racontes, Fiyette, ton poupon est dans tes bras. Tel qu'il est il est tout en entier et il voudrait recommencer à jouer"
Fiyette se réveille. Elle baille. Elle dit, la bouche grande ouverte, qu'elle a l'impression d'avoir voyagé dans les airs, d'avoir vu
La plus haute tour du Colombia
Le plus haut sommet de l'Himmalaya
la Tour Eiffel
La statue de la Liberté
Les terrasses du Machu Pichu
Les chutes du Niagara
Le balcon de Lania
Crois-tu que j'ai vu tout ça Lania ?
"Pour le balcon sûr et certain Fiyette. Pour le reste toi seule sais, et pour moi qui ne sais pas, tu vas bien me raconter ? "
Et Fillette raconte.Voilà, c'est fait.
Et ri ri, la petite souris a tout pris. Voilà le conte fini.

samedi 27 juin 2009

Tot le monde l'a su, et ploc le Sultan !

Tout le monde l'a su tout le monde l'a su tout le monde l'a su pourtant le sultan ne voulait pas que ça se sache.
Quoi ?
Qu'il était gros et gras !!
Et pour que ça ne se sache pas, il avait fait monter autour des jardins de son palais des murs si hauts qu'on aurait dit qu'ils chatouillaient le ciel, tout au long de ses frontières une muraille qui n'en finissait pas de s'élever à faire mourir les ouvriers, des postes de frontière que personne ne pouvait passer dans un sens comme dans un autre.
Il était rassuré.
Personne ne pouvait savoir qu'il était gros et gras.

Et pourtant tous les pays l'ont su. Qui l'a dit ?
Un petit oiseau tout mini riquiquiqui.ça s'est passé ainsi.
Un beau matin après avoir déjeuné lourdement comme chaque matin le sultan entend siffler sur son toit.
Et voilà qu'il comprend les sifflements qui disent
Ici vit un roi fameux
un roi riche
Tous ses sujets ont peur de lui.
Brr ça fait peur. Les sujets ont peur.
Mais moi qui suis riche comme lui,
je n'ai pas peur de lui !
Et toc le Sultan !

Le roi, ça ne lui plaît pas de comprendre ça. Il fronce les sourcils et demande à son Serviteur Premier
"Va donc voir qui siffle ainsi sur mon toit sans souci, Serviteur Premier"


Klak klak klak klak klak. Il y va
Klak klak klak klak klak. Il en revient
Il se prosterne humblement devant son Sultan qui porte turban tunique et tantalon touffant -allitération en T. [Jeu : retrouver la bonne écriture du troisième mot- ] Il dit :
"Monseigneur, il n'y a personne sur le toit, seulement un petit oiseau qui porte autour du cou un collier avec un médaillon et un grain de blé, dans le médaillon.

Le Serviteur Premier a sursauté quand le Sultan lui a ordonné
"Ramène moi ce grain de blé !"
Serviteur Premier n'a pas posé de question. Il a simplement obéi.
Quand il a tendu le grain de blé au Sultan Le Sultan n'a pas eu le temps de le saisir, que déjà le petit oiseau tout petit riquiqui s'est mis à siffler :

quel est donc ce roi-là
il m'a bien eu
il m'a pris mon grain de blé
c'est un méchant roi


Le Sultan a aussitôt pensé "Méchant moi, gros et gras oui mais méchant non !" et il a ordonné au Serviteur Premier, "Rends-lui son grain de blé !"


Alors tout de suite après quand le Serviteur est revenu, l'oiseau tout petit riquiqui il s'est remis à siffler et ça voulait dire
"Qu'est ce que c'est que c'est que ça ?
celui-ci n'est pas un roi.
c'est un vieux, qui vieillit
qui vieillit mal
rendez-vous compte, il n'sait pas qu'il veut : ce roi est un pauvre vieux !"


Hou la la la que fera le roi ?
Vous ne savez pas mais moi je sais. Il dit....
Désolée histoire à suivre. Mais non, ce n'est pas ça que dit le roi. ça c'est moi qui l'écrit. Signé Gemodeste A bientôt

lundi 22 juin 2009

Los diez perritos,

Los diez perritos, libre traduction de Lania

Mes dix chiots
J'avais 10 chiots
L'un s'en va au salon Bio
N'en reste plus que 9
Parmi les neuf qui restent
L'un détale vers la ville d'Elboeuf
N'en reste plus que 8
Parmi les huit qui restent
L'un prend la fuite
N'en resta plus que 7
Parmi les sept qui restent
L'un part guincher à la guinguette
N'en reste plus que 6
Parmi les six qui restent
L'un cueille des myosotis
N'en reste plus que 5
Parmi les cinq qui restent
L'un rejoint le vieil ornythorinque
N'en reste plus que 4
Parmi les quatre qui restent
L'un court chez le phoniâtre
N'en reste plus que 3
Parmi les trois qui restent
L’un cavale sur le cheval de Troie
N'en reste plus que 2
Parmi les deux qui restent
L'un me quitte franc-jeux
Ne reste plus que le dernier.
Il disparaît en février

Ne me reste plus
un seul de mes dix chiots
Lania

mardi 16 juin 2009

P'tit Nuage Triste.

Il était une fois, P'tit Nuage
Sa Maman s'appelait Rivière. Elle était belle comme le cristal. Et douce comme unepluie d'été
Son Papa s'appelait Soleil. Et il était chaud, comme la lave du volcan.
Au bout d'un temps Papa Soleil s'en va, remonte dans les cieux, derrière les collines se couche. Chaque matin se lève. Et s'élève dans les cieux. Chaque soir se couche et s'enfonce dans la terre. S'élève, se couche, s'élève. Se couche.

Rivière caline son P'tit Nuage. Elle le berce, l''habille de vagues vaguelettes. Bientôt il grandit. Grandit beaucoup. Le voilà grand. Il veut son Papa. P'tit Nuage s'en va voir son Papa.

Mais ce n'est pas facile de le trouver. Il n'est pas par là, pas par ici. P'tit Nuage monte monte, s'élève, s'élève. Il s'inquiète. Il a l'air triste. Il est triste. Il pense "Mais où est-il mon papa"
et il fait la moue, il est triste, triste, triste.

Alors passe le Vent, en courant d'air, enfin à toute vitesse. Soudain il s'interroge : je crois avoir dépassé quelqu'un. Qui est-ce ? Et il se retourne. Et il s'étonne devant la petite bouille toute rouillée de larmes de P'tit Nuage.
Il lui dit "T'es qui toi ?"
"P'tit Nuage répond qu'il s'appelle P'tit Nuage !

"P'tit Nuage, de Dame Rivière et Père Soleil, quelle belle surprise, je suis Vent Tononcle, quel plaisir de te rencontrer. Mais dis-moi, tu en fais une drôle de tête toi, qu'est-ce que tu as ? Pourquoi tu pleures ?"

La Maman de P'tit Nuage a bien dit "On ne parle pas à qui on ne connait pas ?" Que doit-il faire ? Il ne répond pas.
"Pourquoi tu ne réponds pas, allez, dis-moi, pourquoi tu pleures ? vas-y dis-le dis-le moi !"

P'tit Nuage se décide. "Je pleure parce que !"
"Tu pleures parce que, parce que quoi ?" dit Tononcle Levent

"Parce que je suis triste !"
"Tu es triste, mais pourquoi tu es triste ?"

"Je suis triste, j'suis triste !"
"Mais je ne peux pas supporter que tu sois triste, regarde-moi bien, je vais te faire rire !"

Et Tononcle Levent tire un p'tit carnet de sa poche et quelques crayons d'une autre et il se met à dessiner un vent fort qui souffle sur les lions. Les lions affolés courent tout partout : "ça te plaît !"

Tononcle Levent s'étonne, "tu n'aimes pas les lions ?"
"Non, j'suis triste, j'suis triste !"

T'inquiète pas fiston, regarde bien, je vais te faire rire !"

Alors Tononcle Levent sort d'une poche un appareil photo et il photographie les gazelles. Elles courent tout partout.
Tu n'aimes pas les gazelles ?
"Non, j'suis triste, j'suis triste !"

"T'inquiète pas fiston, regarde bien ce que je vais faire, ça va te faire rire !"
Tononcle Levent sort de la poche de son blouson un camescope et il filme un troupeau d'éléphants et les nuages de poussière. Et il lui montre le film
"Tu n'aime pas les films ?"
"Non, j'suis triste, j'suis triste, c'est tout !"

Mais enfin, qu'est-ce que je peux faire pour te faire sourire ? dit Tononcle Levent.
P'tit Nuage regarde Tononcle Levent et répond "Moi je sais, fais-moi une bise !"

Et Tononcle Levent fait une bise au P'tit Nuage. Qui sourit.