jeudi 29 octobre 2015

III - Kala Kala, il était une fois... Coq, Bélier, Bouc et Souris : FIN

"Bouc, bouc, Bouc écoute-moi, es-tu mon ami ?"

Bouc est là à l'autre bout du pré. Il lève la tête


et quand il entend Souris lui demander s'il est son ami il répond :

"Bien sûr que je suis ton ami, Souris, pourquoi me demandes-tu cela ?"

Alors voilà et bla bla bla Bouc apprend toute l'histoire que vous connaissez, vous qui lisez. Et quand Souris lui demande, 
"alors tu vas m'aider, tu vas l'enlever le piège qu'à mis BEBE ?" 
Bouc est catégorique, il répond "Non !"

Souris est dépitée "Mais alors tu n'es pas mon ami !"
"Si, je suis ton ami, mais réfléchit, BEBE ne veut pas que tu manges ses cacahuètes, c'est sont droit. Tu ne dois pas manger ses cacahuètes. Change de cantine !"

Souris est en colère. "Tu n'es pas mon ami Bouc, si tu étais mon ami tu enlèverais le piège. Tu vas le payer ça, j'en suis sûre tu vas le payer !" Et Souris s'éloigne en marmonnant : "Change de cantine, change de cantine.... d'accord, puisque je n'ai plus d'ami ici, je vais changer de cantine." Et cette fois, Souris s'en va.

Mais sur son chemin Vipère Cornue la remarque. 


Vipère Cornue adore les souris.  Ses yeux roulent de plaisir et ses anneaux se déroulent. Vipère Cornue reptile, elle reptile entre les herbes. Celles-ci crissent et Souris au bruit comprend ce qui se passe. "Faut que j'me dépêche, faut que j'me dépêche" et elle se dépêche tant et si vite qu'elle entre dans la maison de BEBE. Et Vipère Cornue y entre aussi. Mais si Souris sait où se trouve le piège, Vipère Cornue ne le sait pas. Et vlan' la voilà prise. Elle se démène autant qu'elle peut. Elle crie "Sortez-moi de là sortez-moi de là" 

Le jour se lève. BEBE apparaît. Quand elle aperçoit Vipère Cornue elle pense 
"je ne vais pas appeler KOUYAYE MonsieurmonMari, je vais me débrouiller toute seule avec Vipère Cornue" 
Mais Vipère cornue mord BEBE au bras. BEBE se met à hurler. KOUYAYE apparaît. Il lui demande de ne pas bouger, de s'allonger "sinon le venin va se répandre dans ton corps, ne bouge plus BEBE" Kouyaye va chercher le sorcier, mais Sorcier ne peut rien. Kouyaye va chercher toute la famille de BEBE, le père, la mère, les frères, les soeurs, les oncles, les tantes, les grands-pères, les grands-mères, comme il est coutume dans leur pays quand quelqu'un est malade. Mais quand ils arrivent BEBE est morte. Tout le monde se met à pleurer. Cette fois KOUYAYE fait venir tous ceux du village pour l'enterrement. Comme la coutume veut. Mais il faut les faire manger tous ces gens. Comment faire, que choisir ? Il pense immédiatement au Coq.

KOUYAYE demande aux enfants d'attraper Coq.
Souris part au plus vite avant eux et devant Coq elle dit
ça ne va pas être ta fête aujourd'hui mon pauvre Coq tu sais
"Pourquoi donc Souris ?"
"Parce que BEBE est morte et il faut nourrir tout le monde à l'occasion de son enterrement. Tu as été choisi pour être cuit dans les épices Coq, c'est une belle chance !"

"Comment ça une belle chance qu'est-ce que tu dis ?"
"Je dis la vérité mais, que me disais-tu toi  au fait, à mon tour de te le dire, je te le dis aussi, laisse filer Coq laisse filer, laisse les enfants t'attraper !" 
Coq n'a pu ni fuir ni s'envoler, les enfants l'ont attrapé et les femmes l'ont plumé, vidé, farci et cuit avec le manioc et l'igname. "oh la triste fin !"

Mais un Coq pour nourrir tant de gens, c'est peu. KOUYAYE décide de faire tuer Bélier.
Souris entend, elle se précipite avant tout le monde auprès de Bélier.



"Oh la la là Bélier ça ne va pas être ta fête aujourd'hui !"
"Qu'est-ce que tu racontes Souris, pourquoi ça ne va pas être ma fête aujourd'hui ?"
"Quoi !" s'étrangle Bélier "Qu'est-ce que tu racontes Souris !"
"Je raconte la vérité Bélier, tu vas être cuit coupé en morceaux accompagnés de haricots plats et d'ignames, quelle chance pour toi, surtout s'ils mettent des épices !"
"Mais il n'en est pas question, je vais fuir !"
"Trop tard" a dit Souris. C'était vrai. KOUYAYE est arrivé et Bélier a été attrapé.

Mais pas que. 
En Afrique, et surtout au Congo, si les hommes mangent le Bélier, ils n'ont pas le droit de manger le Bouc. Le Bouc ce sont les femmes qui le mangent. Mais d'abord il faut le tuer. Souris a entendu. Elle est partie comme une flèche. 
"Hou la la Bouc, ça ne va pas être ta fête aujourd'hui !"
Pourquoi donc ?
Parce que BEBE est morte. Il faut nourrir les Hommes avec Bélier et les Femmes avec le Bouc. Tu vois on va bien s'occuper de toi;
Mais que dis-tu là Souris... je vais fuir !
Comment ça tu vas fuir, laisse filer, plutôt, laisse filer, n'est-ce pas ce que tu me disais ?
Bouc a été obligé de laisser filer, on ne lui a pas demandé son avis. KOUYAYE a été plus rapide que lui !

Quel enterrement, tout le monde s'y est léché les doigts en pensant à la pauvre BEBE. Et l'histoire s'est terminée là, Souris sauvée.

Au fait, vous qui lisez,  faites bien attention, soyez prudents et 

"Laissez filer ! 
Laissez filer sinon vous pourriez bien passer à la marmite à votre tour !" 

F I N

http://www.sylvie-tribut-astrologue.com/tag/en-haiti-le-coq-est-sacrifie-selon-le-rite-vaudou/
http://www.duanrevig.com/Nature%20divers/Mamiferes/

II - Kala, Kala, Il était une fois, "Laisse aller, laisser aller ont-ils dit tous les trois !"

Pendant que KOUYAYE le mari de BEBE fait chanter BEBE et pendant que BEBE fait chanter son mari KOUYAYE, une petite souris s'arrête devant les sacs de cacahuète. La voilà prise à son tour  d'un grand désir. Souris adore les cacahuètes.
"Oh la la la quelle chance j'ai, je vais me régaler"
et tchi tchi que je te chéchire un sac  et chi chi chi que je te chicote que je te chicote.... cacahuète après cacahuète, Souris chicote et se régale. Elle se régale sans tenir compte des débris  de la cacahuètes. Quand elle arrête de dévorer les cacahuètes qu'elle adore, elle s'en va laissant derrière elle tout un tas de débris.

Le chant de BEBE et celui de KOUYAYE se sont calmés. La nuit s'est installée, on n'entend même plus le chant des perroquets.Passe la nuit.

Et voilà l'aurore. BEBE se lève la première.
Et elle pousse un grand cri quand elle constate tous les débris, toutes les brisures des coques de cacahuètes. Et elle appelle KOUYAYE son mari
Quand il apparaît, il est grand, il est fort, très très fort, elle lui dit
"KOUYAYE Monsieur mon mari je ne suis pas contente de Toi  !
"KOUYAYE tu ne viens pas m'aider ni à semer ni à récolter 
et tu ne défends même pas ma récolte de cacahuète, 
KOUYAYE tu n'es pas gentil, ça n'est pas bien, 
nettoie-moi tout ça et va vite chercher 
un piège à souris et pose-le ici !"

KOUYAYE attrape le balai et chi et chi et encore et chi chi sur le sol de terre en essayant de ne pas soulever la poussière, MonsieurMonMari balai puis il s'en va discrètement. Quand il revient il a un piège en main. Il le dépose sur le sol et il s'en va. 

Et passe la journée.

Vient le soir, Petite Souris attend que BEBE ne fasse plus chanter MonsieurSonMari et que MonsieurSonMari ne fasse plus chanter BEBE. Bientôt le silence la précipite devant les sacs de cacahuète. Elle s'arrête juste à temps pour ne pas se faire prendre dans le piège. Elle n'est pas contente. Elle pense que les gens de la maison ne sont pas gentils avec elle. Et en plus, la faim revient.  Comment va-t-elle faire maintenant ? Elle réfléchit et soudain eurêka, elle trouve.
"Je vais aller voir Coq mon ami, il va m'aider, j'en suis sûre !

Coq Coq Co Co Coq je veux savoir, es-tu mon ami ?
Coq se tient sur une barrière. Il baisse la tête vers Souris. Il répond :
Bien sûr que je suis ton ami, pourquoi tu me demandes ça Souris ?"

"Parce que, tu le sais bien Coq, j'adore les cacahuètes. Justement BEBE a rentré sa récolte et hier à la nuit je me suis régalée. J'ai mangé plein de cacahuètesMais ce matin BEBE s'est fâchée en voyant les débris des coques de cacahuètes. Elle a demandé à KOUYAYE de poser un piège et lui, il l'a fait. Et maintenant j'ai peur de me faire prendre. Alors si tu es mon ami, je te demande de bien vouloir enlever le piège, tu vas le faire ?"


Coq est formel "je ne le ferai pas Souris"

Souris n'en croit pas ses oreilles "Pourquoi donc Coq ?"
"Parce que ces gens-là ne veulent pas que tu manges leurs cacahuètes, ne les mange pas, laisse filer, laisse filer j'te dis !"

Souris n'en croit pas ses oreilles "Laisse filer, tu dis, et tu crois que tu es mon ami quand tu dis ça, oh ça alors, tu vas le payer ça, j'en suis sûre tu vas le payer !"


et Souris marmonne 

"Laisse filer laisse filer ! Mais qu'est-ce qu'il raconte ce traître, laisse filer, pas du tout, je veux manger des cacahuètes j'en mangerai !" Et elle se demande à qui elle pourrait bien demander de l'aide lorsqu'elle pense à l'ami Bélier. Elle file vers Bélier.

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Bélier est dans son pré, il mange.
Bélier Bélier Bélier Boum Bélier Bonjour, dis-moi es-tu mon ami ?
Bélier relève ses cornes et sa tête vers Souris et il répond :
Bien sûr que je suis ton ami, pourquoi tu me demandes ça Souris ?"


"Parce que tu sais Bélier,  j'adore les cacahuètes Justement BEBE a rentré sa récolte et hier à la nuit je me suis régalée. J'ai mangé plein de cacahuètes. Mais ce matin BEBE s'est fâchée en voyant les débris des coques de cacahuètes. Elle a demandé à KOUYAYE de poser un piège et lui, il l'a fait. Et maintenant j'ai peur de me faire prendre. Alors si tu es mon ami, je te demande de bien vouloir enlever le piège, tu vas le faire ?"


Bélier regarde Souris d'un rôle d'air, puis il lui répond
"Non, je ne le ferai pas Souris" 
Souris écarquille les yeux, tressaute, toussote et interroge Bélier : "mais qu'est-ce que tu racontes, tu as dit que tu étais mon ami ?"
"Oui, je suis ton ami et justement. Ces gens-là ne veulent pas que tu manges leurs cacahuètes, et bien ne les mange pas, laisse filer, laisse filer j'te dis !"

Souris répond
"Laisse filer, laisse filer, dis-tu ! Et tu crois que tu es mon ami quand tu dis ça, ça alors, tu vas le payer tu sais oui, tu vas le payer ce que tu viens de dire !"Mais qu'est-ce qu'il raconte ce traître !
Et comme le traître se remet à arracher l'herbe Souris marmonne en s'éloignant
"Laisse filer laisse filer ! Mais qu'est-ce qu'il raconte ce traître, laisse filer, pas du tout, je veux manger des cacahuètes j'en mangerai !" Et de se demande à qui elle pourrait bien demander de l'aide. A qui, à qui  ? Et si je demandais à mon ami Bouc ? Souris file vers l'ami Bouc.
.../...
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I - Kala, Kala, Il était une fois, "Laisse aller, laisser aller ont-ils dit tous les trois !"

Rendons à César ce qui est à César.
Pour écrire cette histoire, je me suis souvenu du conte dit par un conteur africain sur You Tube. Le vrai titre est

Coq, Bélier, Bouc et Souris.

Toué toué marimba toué toué
Toué toué marimba toué toué
Amasado amado do toué toué
Marimba toué toué

Ce chant, c'est BEBE qui le chante. BEBE est une cultivatrice gabonaise. bebe a cultivé les cacahuètes entre mars et avril.  Aujourd'hui jour d'octobre elle les ramasse. Chanter et un jour elle les ramasse. Chanter
Toué toué marimba toué toué
Toué toué marimba toué toué
Amasado amado do toué toué
Marimba toué toué
l'aide. Ce n'est pas facile de cueillir les cacahuètes et pour le moins, c'est fatigant. BEBE a le dos courbé et les jambes écartées. Chanter

Toué toué marimba toué toué
Toué toué marimba toué toué
Amasado amado do toué toué
                                                                 Marimba toué toué
aide le geste de BEBE. Elle a mis des sacs le long des rangées. Elle les remplit au fur et à mesure, en chantant. Chanter
Toué toué marimba toué toué
Toué toué marimba toué toué
Amasado amado do toué toué
                                                                 Marimba toué toué

aide BEBE à faire la cueillette des cacahuètes
La cueillette est finie. Il faut ramener les sacs à la maison aux murs en torchis. Sur le chemin du retour BEBE chante
Toué toué marimba toué toué
Toué toué marimba toué toué
Amasado amado do toué toué
                                                                 Marimba toué toué

BEBE fit plusieurs allers-retours, enfin, elle entrepose les sacs dans la hutte. Enfin elle prépare le repas du soir puis elle va se coucher Bebe avec Kouyayé son mari. et ce u'elle fait avec lui ne nous regarde plus, mais BEBE chante pour Kouyaye et je ne dirai pas quoi cette fois car je ne comprends pas les paroles. .....

Toute la journée elle l'a chanté tout en cueillant et en mettant dans les sacs de toile, les cacahuètes.©
L'histoire est vieille. La cultivatrice africaine ramène sac après sac sur son dos dans sa hutte.

.../...

mardi 15 septembre 2015

Lave, lavé, lavandières, lavoirs d'hier à voir : lavoirs.org, une mine nationale et régionale


 Celui-ci est en Bretagne du côté de Pont-Croix et actuellement très fleuri 
Celui-ci est à Caylus (82) et en cours de restauration... on peut devenir donateur.

Lavoir de Valence d'Agen

Pas forcément le plus beau mais à Lauzerte, village de mon père et de mon enfance. 
Il était au faubourg, en face du Foirail, et au moins les lavandières y étaient protégées des intempéries. Il y a là un petit escalier qui permettait d'y accéder directement en venant de la ville haute.  Il se trouve que je crois l'avoir vu en activité mais que je suis plus sûre encore d'avoir accompagné ma mère au lavoir de la ville haute, qui donnait côté ancienne gendarmerie ou actuelle mairie. Ambiance humide à prendre aux os et prétexte à glissade à éviter. Je n'étais pas rassurée lien pour participer à l'édition du beau livre Les jours et les nuits de Lauzerte

lundi 14 septembre 2015

Sacrée Patate merveilleuse ! Article lu dans le "Petit Bleu" du 14 septembre 2015

Extrait du journal "Le Petit Bleu" feuille de chou (pour rester auprès de la pomme de terre, et je précise, sans aucun jugement de contenu) des alentours de Dinan : 
"Un ouvrier agricole en retraite a récolté une énorme pomme de terre de 1,2 kg, dans son potager. « Je cultive mon jardin, pour le plaisir, je ne vends pas mes légumes. J'en fais cadeau à des amis, à ma famille, à mes infirmières qui viennent me prodiguer des soins à domicile tous les jours », a expliqué Patrick Aubry de Saint Juvat.
Et si tous ses légumes sont de cet ordre-là, il peut faire plaisir à beaucoup de monde... 
Du coup, 
Bonjour.  Merveilleuse patate.

Un conte russe existe qui conte l'histoire extraordinaire d'un jardinier grand-père, "diedouchka" comme on l'écrit en russe. En plein hiver il tire tire sur son navet mais Navet ne veut pas venir. Il n'arrive pas à arracher son dernier navet (permafrost aidant : terre extrêmement gelée). 
Il appelle sa femme grand-mère "Babouchka" comme on l'écrit en russe. Babouchka tire sur Diedouchka qui tire sur riebka (ça veut dire "navet" en russe) mais riebka ne veut pas venir.
Alors Diedouchka appelle Babouchka qui appelle sa fille, Dievouchka (ça veut dire fille en russe), qui appelle son sin (ça veut dire "fils" en russe) et ainsi de suite jusqu'au sabaka (ça veut dire chien en russe) qui appelle kot (ça veut dire chat en russe). 
Comment faire ? Kak dielaiét ? (c'est, peut-être, la traduction de "comment faire" en russe)
"Comme ça !" dit la petite souris. "Tak" Skazala mouichki. (c'est peut-être comme ça qu'on traduit en russe). Passant par là elle tire sur la queue du chat et oh la la tout le monde est tombé par terre. Ils se sont tous relevés. Le navet était sorti de la terre.
Il était É-NAÛRME.
Ils ont tous aidé à le peler, à le cuire et à le manger. Quelle bonne soupe au navet.
Et, ainsi naissent les légendes, il y a eu la pomme de terre E-NAÛRME de Patrick de Saint-Juvat.
il voulait la déterrer.
Alors Patrick appelle sa femme Eulalie. Elle a tiré sur la pomme de terre, mais la pomme de terre ne veut pas venir ; 
alors Patrick appelle Anne sa fille, et elle tire sur sa mère, qui tire sur son père, qui tire sur la pomme de terre qui ne veut pas venir.
Et vous avez compris. Fils Yann, oncle Goulven, tante Gwenn, jusqu'aux chiens et chats et pomme de terre... bla bla bla pomme de terre ne veut toujours pas venir. 
Comment faire ?
"Comme ça" a dit le petit hérisson qui a tiré sur la queue du chat. Tout le monde est tombé par terre, le chien, le neveu, la nièce, l'oncle, la tante, le fils, la fille, la mère Eulalie et le père Patrick.
Tous ensemble ils ont porté la pomme de terre phénoménale et ils l'ont faite cuire en son meilleur, puis ils l'ont monté en purée avec autant de beurre salé Diebor que possible puis ils l'ont tous goûté : quelle saveur, un vrai délice dont on se souvient encore aujourd'hui. la preuve : la conteuse l'écrit aujourd'hui.
Kenavo, Chévélé, adiciats.
Pour votre plaisir, séance de contes ciblée Pomme de Terre "Coquine Patate a la frite et vous l'entendez" C'est la conteuse qui la dit. Rires, chanson, émotions à travers une pérégrinations de Pérou en pays Lissou par île de Chiloé, Allemagne, Irlande.... jusqu'à NewYork
Quelques numéros pour la joindre à propos de l'organisation et du tarif 
00 84 51 39 92
ou lcomlania@gmail.com


 

lundi 22 juillet 2013

Histoire Zen : le maître de Kendo


Le Maître de Kendo

21 juillet 2013, 14:31
Un Maître de Kendo accueillit un jour un nouvel élève tout enthousiaste et frétillant à l'idée d'être enseigné. 

Le maître le salua et lui demanda d'aller chercher de l'eau à la rivière et du bois dans la forêt.
L'élève ne s'attendait pas du tout à cet ordre. Cependant sans dire mot, il obéit au maitre et il  s'exécuta. 
Non seulement il s'exécuta ce jour, mais il s'exécuta aussi le lendemain, et encore le surlendemain, la semaine en entier, le mois, le trimestre. L'élève s'exécuta jusqu'au bout de l'année troisième. 
Soit trois années durant. Au bout de la troisième année l'élève se mit en colère. Il déclara qu'il était venu pour apprendre le kendo, que non seulement il n'avait rien appris mais que et qui plus est, il n'était même  pas encore entré dans la salle d'apprentissage, alors il allait partir. 
"Reste et suis-moi " déclara le Maître en lui ouvrant la haute porte des lieux. 
L'élève s'emballa, il souriait, enfin, enfin il allait apprendre;
Le maître lui demanda 
"Vois-tu les tatamis ?" avant même que l'élève ne hochat la tête pour abonder dans le sens de la question sans attendre la réponse de l'élève il poursuivit en disant "fais le tour de la salle en marchant uniquement sur le bord gansé du tatamis et ce sans jamais mettre un pied au sol"
L'élève commença, à faire le tour de la salle sur le bord des tamis, sans toucher pied à terre. Il fit ainsi tout le jour, il fit ainsi le lendemain et le surlendemain aussi, la semaine, le mois, l'année et il se mit en colère. Il déclara au Maître
"Maitre je suis venu pour apprendre, je n'ai encore rien appris, je m'en vais" 
Et il tournait le dos quand le maître lui dit 
"Suis-moi" l'élève suivit le maître.
Le Maître prit le chemin qui menait vers la montagne. L'élève suivit le Maître. Bientôt le chemin les obligea à grimper le long de la montagne. Ils grimpèrent, grimpèrent encore, enfin le maître s'arrêta. Au bord d'un précipice. Du jamais vu. Une profondeur inouï. Et une largeur inimaginable comme celle du tronc qui reliait entre elles les deux rives. Un tronc au-dessus d'un ravin aussi fantastiquement profond. "Le maître ne  va tout de même pas me demander de traverser" pensa l'élève.
Au même moment le maître déclara 
"Traverse" 
Les jambes de l'élève se mirent à trembler, son coeur à s'emballer, le vertige à s'emparer de lui. L'élève était effrayé, il avait peur, il avait la peur au ventre.  C'est dans ces conditions qu'il perçut un petit bruit répétitif, une alternance, une sorte de rythme, qui lui fit lever la tête et découvrir, émergeant du sentier qu'ils avaient suivis, un homme qui marchait à trois temps pour l'aide d'un bâton qu'il tenait de la main droite et qui tâtonnait sous l'impulsion de son bras. Ce qui parut incroyable à l'élève c'est qu'il ne faisait aucun doute que l'homme était aveugle et que, c'était visible, il s'apprêtait à traverser le ravin en suivant le tronc. Il en prenait la direction.
Sous les yeux des deux hommes le nouveau venu posa un pied sur le tronc d'arbre puis deux puis il se mit à cheminer et s'il s'arrêta un instant au milieu du ravin, bâton à l'horizontale comme s'il était un funambule, à donner la chair de poule à l'un des spectateurs, il parvint de l'autre côté de la rive. Alors.
Alors l'élève posa un pied sur le tronc d'arbre. 
Puis deux.
©lania




lundi 15 juillet 2013

"Jean qui ne riait jamais" Conte espagnol dédié à Bernard, l'homme sur le doigt duquel se posa une mésange

C'est un conte d'origine espagnole que j'ai lu il y a très très longtemps. Où l'ai-je lu ? Je ne m'en souviens plus, mais comme dans l'histoire juive, il me reste toujours la possibilité de raconter l'histoire, à ma façon.
Once upon a time
Erase una vez
Il était une fois
Un enfant naquit dans un village.
Son père et sa mère étaient heureux et fiers. Rendez-vous compte, un garçon, du premier coup. En ce temps-là, c'était un vrai bonheur. Ils l'appelèrent Bernardo et ils laissèrent la porte ouverte à tous ceux, voisins voisines, qui auraient souhaité admirer l'enfant, et au passage, les féliciter.
Pour les féliciter ils les félicitèrent mais pour admirer l'enfant, s'ils l'admirèrent, ils n'en témoignèrent rien.
Sinon auprès des autres voisins qu'ils croisèrent
"Vous avez vu l'enfant ?"
"Il ne sourit pas, c'est étrange !"
Et l'écho ramena les propos au père et à la mère. Que dire, c'était si vrai, Bernardo ne riait jamais. Il restait sérieux. Il était peut-être sérieux : ça existe les gens sérieux, "lo sabes, esposa mia, no te préoccupas"
Chacun essayait de réconforter l'autre.
Bien sûr qu'il y eut El Flaco, el vécino. Quand il entra, il déclara d'une voix forte
"Olà ! Je vais le faire rire moi, vous allez voir !"
Mais il eut beau faire toutes les pitreries qu'il voulut faire devant l'enfant, El Flaco, l'enfant ne manifesta "ni una sonrisa"
Bien sûr qu'elle vint, "ella quien se llamaba La Gorda, la vecina" Bien sûr qu'elle déclara en soulevant tous ses jupons brodés et dentellés "Olà ! vous allez voir comme je vais le faire rire moi,"La Gorda", el pequegnito" Mais elle eut beau faire toutes les grimaces et pitreries qu'elle trouva, La Gorda, l'enfant ne manifesta "ni una sonrisa !"
Ils ne furent pas les seuls. "Por fin" un beau jour, la mère décida que son fils était né tel qu'il était né et qu'il serait accepté tel qu'elle l'acceptait. Tout le monde accepta Bernardo tel qu'il était, sauf peut-être.... lui-même.

Qui pouvait savoir ce qu'il pensait. Bernardo qui ne souriait jamais parlait peu. Mais il pensait beaucoup.

Trois ans, sept ans, quinze ans passèrent. Un beau matin Bernardo entra dans la cuisine. Plongée dans l'obscurité elle se protégeait du soleil grâce aux lourds volets de chêne fermés en "V". La mère préparait avec amour une exceptionnelle paëlla au poulet. Le lieu sentait bon l'ail, l'oignon, l'huile d'olive et le poivron. La mère sourit à son fils. Certes, Bernardo n'y répondit pas. Certes l'expression de son visage était toujours ombrageuse. Mais une fois de plus elle ne se retint d'admirer celui auquel elle avait donné le jour. Comme il était devenu beau. Sa silhouette élancée se découpait sur le jeu de lumière que le rideau de toile, sensé empêcher les mouches d'entrer dans le lieu, suggérait sur le sol. Elle sut immédiatement qu'il allait dire une chose importante. Laquelle, elle n'en avait nulle idée. Elle tendit l'oreille.
"Madre, tengo que irme !" "Mère je dois partir !" Si elle lui avait demandé pourquoi il n'aurait su répondre.
Définitive certitude. Les cinq mots tombèrent sans autre commentaire. Bernardo ne changerait pas de décision. Pourquoi l'en aurait-elle empêchée ? La silhouette du père apparut derrière le rideau de toile. Quand il releva ce dernier d'une main fatiguée par le travail du matin, Bernardo déclara
"Padre, tengo que irme !" "Père je dois partir !" S'il lui avait demandé pourquoi, il n'aurait su répondre.

En silence, la Mère tendit la main. En silence, la mère déposa dans la besace un pedazo de queso blanco, una botella de agua, una cuvierta. Dedans elle glissa un morceau de fromage, une bouteille d'eau, une couverture puis elle la tendit à Bernardo.
Un abrazo
Dos abrazo
La mère et le père, silencieux, celui-ci la main droite posée sur l'épaule de la mère, regardèrent la silhouette de leur fils aimé, diminuer jusqu'à disparaître à l'horizon, là où terre et ciel s'embrasent parfois.

On dit "Marche que je marche c'est en marchant que l'on fait son chemin" Bernardo marcha
Un jour, ou plutôt un soir, al amanecer, au bout d'une journée où il avait beaucoup marché, Bernardo entendit pleurer. Il releva la tête. Assis au pied d'un rocher un vieil homme pleurait. Bernardo s'approcha
Que tal ? Porque llores ?
Le vieil homme releva la tête. Il répondit que c'était parce qu'il n'avait pas mangé depuis longtemps et qu'il avait faim.
Bernardo plongea la main dans sa besace et lui donna du queso blanco, du fromage. 
"Reste" répliqua le vieil homme en le remerciant. Mais Bernardo le salua et reprit son chemin

"Marche que je marche" dit-on, "c'est en marchant que l'on fait son chemin" Bernardo poursuivit le sien.
C'est alors qu'un jour, ou plutôt un soir, al amanecer, au bout d'une journée où il avait beaucoup marché, Bernardo entendit pleurer.  Il releva la tête. Il découvrit un homme, assis au pied d'un rocher et qui pleurait. Bernardo s'arrêta
Que tal viejito ? Porque llores ?
Le vieil homme releva la tête et déclara qu'il pleurait parce qu'il avait soif.
Bernardo plongea la main dans sa besace et en retira la bouteille d'eau.
Le vieil homme le remercia et lui demanda de rester. Bernardo refusa. Il salua le vieil homme et reprit son chemin.

Ne dit-on pas "Marche que je marche, c'est en marchant que je fais mon chemin" Bernardo marcha et c'est ainsi qu'un jour, ou plutôt un soir, al amanecer, il entendit pleurer. Il releva la tête. N'était-ce pas le même rocher, n'était-ce pas le même vieil homme. En tout cas il pleurait. Bernardo s'approcha et demanda
Que tal viejito ? Porque llores ?
le vieil homme répondit qu'il pleurait parce qu'il avait froid. Alors Bernardo plongea sa longue main dans la besace et en retira une longue couverture de laine qu'il tendit à l'homme qui s'en revêtit et s'installa si bien qu'il invita Bernardo à se reposer auprès de lui : "Nous parlerons" 
Pourquoi Bernardo accepta-t-il ? Lui-même n'aurait su l'expliquer. Mais pour ce qui est de parler, c'est le vieil homme qui le fit. Il raconta qu'il était triste, triste à pleurer non pas parce qu'il avait faim ou soif ou froid mais surtout parce qu'il avait perdu l'oiseau auquel il tenait tant. Son oiseau. Il hoqueta de nouveau et ses épaules frissonnèrent; Bernardo rétablit la couverture sur ses épaules.
Le vieil homme déclara que l'oiseau était sur la dernière branche du dernier arbre qui était là haut sur la montagne et en disant ces mots, il montra l'arbre, d'un bras tendu.
Bernardo regada dans la direction désignée. Il vit un arbre se découper dans le vide sur le dernier bleu de ciel qui allait être avalé par la nuit. Il déclara qu'il avait sommeil. S'allongea et s'endormit. Le vieil homme à ses côtés souriait entre deux sanglots.

Un clocher tintinnabulant s'exprima de la vallée. Il réveilla Bernardo. Le vieil homme dormait profondément à ses côtés. Bernardo s'extirpa de la couverture sans faire aucun bruit puis il prit le chemin de la montagne. Quel beau spectacle. Il vit le jour se lever.  Le soleil dérouler peu à peu ses longs doigts, le chemin se rétrécir, dangereusement, l'arbre à même le vide. Et il entendit le chant clair de l'oiseau. Sans réfléchir Bernardo grimpa le long du tronc, d'une branche à l'autre, jusqu'à la dernière, sur laquelle il rampa. Elle allait casser, c'était sûr, mais du moins aurait-il essayé ? L'oiseau était là, tous deux face à face,  allez l'oiseau dépêche-toi, je suis venu pur ton ami, el viejito, allez l'oiseau viens...
Bernardo n'en revenait pas, l'oiseau s'était installé dans sa main, alors il sut qu'il était temps de reculer, de sauter doucement d'une branche à l'ordre, de la dernière sur le sol, l'oiseau recouvert de sa deuxième main. D'un bon pas souple, Bernardo descendait, les mains plates autant que ses mouvements le lui permettaient. L'oiseau allait d'un doigt à l'autre, d'une main à l'autre, parfois sur un doigt il s'arrêtait, coquin, on aurait dit qu'il pavanait, prenait plaisir à attirer l'attention de Bernardo. Enfin Bernardo prit la direction du rocher, d'un pas léger, léger dont il n'avait pas conscience;
Le vieil homme était réveillé. Il refusa de prendre l'oiseau. Il riait. Il déclara : "Désormais cet oiseau est ton oiseau Bernardo, regarde comme tu ris aujourd'hui"
Le vieil homme lui tendit un miroir, sorti d'on ne sait où. Bernardo découvrit le visage d'un jeune homme tout sourire.
"Muchas gracias Viejito, muchas gracias"
Les mots se perdirent autour du rocher. Le vieil homme avait disparu.

L'oiseau au bout des doigts, Bernardo reprit son chemin à l'envers. Dans un village qu'il traversa il s'arrêta chez un oiseleur. Et il acheta une belle et grande cage. D'un bon pas il poursuivit sa route.
Sa mère se retrouva muette du plaisir à revoir son fils. Son père lui apprit qu'ils leur avait acheté une petite maison là-bas tout au bout du village. Ils s'y rendirent tous les trois. Sourires aux lèvres et silencieux. L'oiseau chantait dans sa cage. 
Quelques jours plus tard sur la porte de la maison apparut une plaque qui disait
"Vous avez de la peine ? 
Entrez chez Bernardo !"

Il faut donner du temps au temps. Personne n'y a cru. Et pourtant. 
Au début, ils vinrent timidement. En cachette. Tôt le matin; Tard le soir. 
Aujourd'hui ils frappent à la porte. Quand Bernardo ouvre, ils disent "C'est pour écouter l'oiseau" Bernardo sourit "Il est là, entrez, si vous le voulez bien !" 
Et il rit Bernardo quand il remarque que ceux qui entrent chez lui ressortent en arborant le même sourire que celui qu'il porte à ses lèvres. A chaque fois il pense à la montagne, au rocher et au Viejito.

Oui, ce conte est FINI. 
C'est Souris qui l'a dit. 
C'est moi qui l'ai écrit.